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lundi 6 mars 2006, par rocbo

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Le droit de lire par Richard Stallman

Extrait de The Road to Tycho, une
collection d’articles sur les antécédents de
la Révolution lunaire, publiée à Luna
City en 2096

Pour Dan Halbert, la route vers Tycho
commença à l’université — quand Lissa
Lenz lui demanda de lui prêter son ordinateur. Le sien
était en panne, et à moins qu’elle puisse en
emprunter un autre, elle échouerait son projet de
mi-session. Il n’y avait personne d’autre à qui elle
osait demander, à part Dan.

Ceci posa un dilemme à Dan. Il se
devait de l’aider — mais s’il lui prêtait son
ordinateur, elle pourrait lire ses livres. À part le
fait que vous pouviez aller en prison pour plusieurs
années pour avoir laissé quelqu’un lire vos
livres, l’idée même le choqua au départ.
Comme à tout le monde, on lui avait enseigné
dès l’école primaire que partager des livres
était malicieux et immoral — une chose que seuls les
pirates font.

Et il était improbable que la SPA
— la Software Protection Authority — manquerait de le
pincer. Dans ses cours sur les logiciels, Dan avait appris
que chaque livre avait un moniteur de copyright qui
rapportait quand et où il était lu, et par
qui, à la Centrale des licences. (Elle utilisait ces
informations pour attraper les lecteurs pirates, mais aussi
pour vendre des renseignements personnels à des
détaillants.) La prochaine fois que son ordinateur
serait en réseau, la Centrale des licences se
rendrait compte. Dan, comme propriétaire
d’ordinateur, subirait les punitions les plus
sévères — pour ne pas avoir tout tenté
pour éviter le crime.

Bien sûr, Lissa n’avait pas
nécessairement l’intention de lire ses livres. Elle
pourrait ne vouloir l’ordinateur que pour écrire son
projet. Mais Dan savait qu’elle venait d’une famille de
classe moyenne et qu’elle arrivait difficilement à
payer ses frais de scolarité, sans compter ses frais
de lecture. Lire les livres de Dan pourrait être sa
seule façon d’obtenir son diplôme. Il
comprenait cette situation ; lui-même avait eu à
emprunter pour payer pour tous les articles scientifiques
qu’il avait eu à lire. (10% de ces frais allaient aux
chercheurs qui écrivaient ces articles ; puisque Dan
visait une carrière académique, il pouvait
espérer que si ses propres articles scientiques
étaient souvent lus, il gagnerait un revenu suffisant
pour rembourser sa dette.)

Par la suite, Dan apprendrait qu’il y eut
un temps où n’importe qui pouvait aller à la
bibliothèque et lire des articles de journaux, et
même des livres, sans avoir à payer. Il y avait
des universitaires indépendants qui lisaient des
milliers de pages sans subventions des bibliothèques
gouvernementales. Mais dans les années 1990, les
éditeurs aussi bien commerciaux qu’à but non
lucratif avaient commencé à facturer
l’accès. En 2047, les bibliothèques offrant un
accès public gratuit à la littérature
scientifique n’étaient qu’un pâle
souvenir.

Il y avait des façons, bien
sûr, de contourner la SPA et la Centrale des licences.
Elles étaient elles-mêmes illégales. Dan
avait eu un compagnon de classe dans son cours sur les
logiciels, Frank Martucci, qui avait obtenu un outil
illégal de déboguage, et l’avait
utilisé pour outrepasser le code du moniteur de
copyright quand il lisait des livres. Mais il en avait
parlé à trop d’amis, et l’un d’eux l’a
dénoncé auprès de la SPA pour une
récompense (des étudiants criblés de
dettes pouvaient facilement être tentés par la
trahison). En 2047, Frank était en prison, non pas
pour lecture pirate, mais pour possession d’un
débogueur.

Dan apprendrait plus tard qu’il y eut un
temps où n’importe qui pouvait posséder des
outils de déboguage. Il y avait même des outils
de déboguage disponibles gratuitement sur des CD ou
qu’on pouvait télécharger du Net. Mais des
usagers ordinaires commencèrent à s’en servir
pour outrepasser les moniteurs de copyright, et finalement
un juge a décidé que c’était devenu
leur principale utilisation en pratique. Ceci voulait dire
qu’ils étaient illégaux ; les
développeurs de ces débogueurs furent
envoyés en prison.

Les programmeurs avaient encore besoin
d’outils pour déboguer, bien sûr, mais les
vendeurs de débogueurs en 2047 ne distribuaient que
des copies numérotées, et seulement à
des programmeurs officiellement licenciés et soumis.
Le débogueur que Dan utilisait dans son cours sur les
logiciels était gardé derrière un
garde-barrière spécial afin qu’il ne puisse
servir que pour les exercices du cours.

Il était aussi possible de
contourner les moniteurs de copyright en installant un noyau
système modifié. Dan apprendrait finalement
l’existence de noyaux libres, et même de
systèmes d’exploitation entièrement libres,
qui avaient existé au tournant du siècle. Mais
non seulement étaient-ils illégaux, comme les
débogueurs, mais vous ne pouviez en installer un, si
vous en aviez un, sans connaître le mot de passe de
l’usager superviseur de votre ordinateur. Or, ni le FBI ni
l’Aide technique Microsoft ne vous le
révèlerait.

Dan conclut qu’il ne pouvait simplement
prêter son ordinateur à Lissa. Mais il ne
pouvait refuser de l’aider, car il l’aimait. Chaque chance
de lui parler le remplissait d’aise. Et le fait qu’elle
l’avait choisi pour demander de l’aide pouvait signifier
qu’elle l’aimait aussi.

Dan résolut le dilemme en faisant
une chose encore plus impensable — il lui prêta
l’ordinateur, et lui dit son mot de passe. Ainsi, si Lissa
lisait ses livres, la Centrale des licences penserait que
c’était lui qui les lisait. C’était quand
même un crime, mais la SPA ne s’en rendrait pas compte
automatiquement. Ils ne s’en rendraient compte que si Lissa
le dénonçait.

Bien sûr, si l’école devait
un jour apprendre qu’il avait donné son propre mot de
passe à Lissa, ce serait la fin de leurs
études, peu importe ce à quoi le mot de passe
aurait servi. La politique de l’école était
que toute interférence avec ses mécanismes de
surveillance de l’utilisation des ordinateurs par les
étudiants était punissable. Il n’importait pas
qu’aucun mal n’ait été fait — l’offense
était de se rendre difficile à surveiller par
les administrateurs. Ils supposaient que ça
signifiait que vous faisiez quelque chose d’autre qui
était interdit, et ils n’avaient pas besoin de savoir
de quoi il s’agissait.

Les étudiants n’étaient
habituellement pas expulsés pour cela — pas
directement. Ils étaient plutôt bannis des
systèmes informatiques de l’école, et
échouaient inévitablement leurs cours.

Plus tard, Dan apprendrait que ce genre
de politique n’a commencé dans les universités
que dans les années 1980, quand des étudiants
commencèrent à être nombreux à
utiliser des ordinateurs. Avant, les universités
avaient une approche différente au sujet de la
discipline auprès des étudiants ; elles
punissaient des activités qui causaient du tort, et
non pas simplement celles qui soulevaient des doutes.

Lissa ne dénonça pas Dan
à la SPA. La décision de Dan de l’aider mena
à leur mariage, et les amena aussi à remettre
en question ce qu’on leur avait enseigné durant leur
enfance au sujet du piratage. Le couple se mit à lire
sur l’histoire du copyright, sur l’Union soviétique
et ses restrictions sur la copie, et même sur la
Constitution originale des États-Unis. Ils
déménagèrent à Luna, où
ils trouvèrent d’autres gens qui comme eux avaient
pris leurs distances par rapport au bras long de la SPA.
Quand la révolte de Tycho commença en 2062, le
droit universel de lire devint bientôt un de ses buts
principaux.

 

Liens
-  TARGET="_blank">www.gnu.org/philosophy/right-to-read.fr.html
- Images anti-DRM en copyleft

 

Non aux DRM

 



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