Apparus à New York, les tags sont révélés au public le 21 juillet 1971
par un article du New York Times présentant le cas d’un jeune de 17 ans qui signe TAKI 183, surnom inspiré de l’univers de la BD, suivi du numéro de sa rue. 1989, Paris est envahi. La presse insiste sur la filiation avec le phénomène américain. Une présentation des tags a lieu dans Libération sous le titre "American Graffiti : TAG". Une exposition, "Graffiti et société", montée au Centre Georges Pompidou, se donnera pour but de valoriser le graffiti et de l’inscrire dans le patrimoine socioculturel. Le graffiti exposé conquiert une légitimité, valorisant une expression à la fois populaire et contestataire.
L’avant-tag
Les graffiti amorcent un tournant, l’image remplaçant de plus en plus le slogan : Forme humaine blanche stylisée et fantomatique (Jérôme Mesnager), silhouettes évoquant les ombres humaines imprimées sur les murs d’Hiroshima (Gérard Zlotykamien). détournement d’affiches publicitaires (Claude Costa, Minotaures peints à la bombe). Peintres "dans la rue" par goût, mais aussi parce que le marché de l’art ne leur laisse pas de place, les graffiti vont leur permettre d’accumuler une notoriété dont les débouchés seront le marché de l’art et la communication publicitaire.
Les graphistes sont concurrencés par d’autres graffiteurs : "pas de mots, peu de slogans, juste des traces, des calligraphies, des dessins ou des marques (...) comme si ceux qui les tracent ne voulaient rien dire, juste exister".
La technique du pochoir va se développer à partir de 1984. Il s’agit de dessins évoquant la culture rock, la BD ou l’actualité. Ainsi Blek fait courir des rats sur les murs, Miss Tic propose des poèmes et Marie Rouffet invente des slogans imaginaires.
Parmi les tagueurs réputés, des noms considérés par les graffiteurs français comme leurs pères fondateurs : Jean-Michel Basquiat (Samo) et Lenny Mc Gurr (Futura 2000). Keith Haring, tague entre 1978 et 1980 dans les rues et le métro avant de faire figurer ses dessins sur des supports autorisés (badges, pochettes de disques tee-short). Il commence à exposer dans des galeries dès 1981. Jean-Michel Basquiat quitte l’art souterrain pour la visibilité internationale et expose dès 1981 aux États-Unis, en Suisse, au Japon. Lenny Mc Gurr accède à la légitimité après un passage dans le métro. En 1981, il expose à la Fun Gallery et illustre, en 1984, la campagne de la RATP "Ticket chic, ticket choc".
Du tag au tagueur
Janvier 1986, Lokiss, Scipion, Jacky, Skki et Saho investissent un terrain vague, près de Stalingrad, et le transforme en galerie. Ils revendiquent le tag et apprécient les post-graffiteurs comme Keith Haring et Futura 2000. Ils font également référence à l’émission de télévision "Hip Hop". Fin 1986 apparaît un article accompagné d’une photo montrant une rame de métro entièrement taguée. Le journaliste distingue deux catégories d’auteurs : Les graffiteurs formés en "commandos qui s’introduisent nuitamment dans les terminus des lignes de la RATP pour y massacrer des rames entières à la bombe de peinture aéposol" et ceux "dont le but, à l’évidence n’est pas de saccager, de vandaliser, mais de communiquer quelque message, quelque fantasme". Fin 1988, le renversement de situation est consacré. Ces "signes cabalistiques, mi-hiéroglyphes, mi-cyrilliques (...) que personne n’est capable de déchiffrer" sont devenus soudain d’une visibilité aveuglante. Les tagueurs ont submergé les fresquistes, les graphistes qui n’en finissent plus de s’institutionnaliser et les pochoiristes en baisse d’activité.
"oui à la fresque (...) non aux tags"
Trois institutions ont à se plaindre des tags qui coûtent 5,5 millions d’euros à la RATP, 11 millions à la SNCF et 3 millions à la Mairie de Paris. Certaines institutions font le tri entre les bonnes fresques et les mauvais tags. Ainsi, la SNCF a organisé le parrainage de fresques dans certaines gares de la région parisienne, tentant ainsi de lutter contre les graffiti : "nous nous mobilisons tous parce que nous avons un sentiment de rejet profond contre ces signatures abjectes et sans vie qui hantent nos villes".
Les tags nous renseignent sur la modalité d’accessibilité aux espaces publics des jeunes. La présence physique est marquée par une trace mimant les signes de la communication des marques. Les tagueurs vivent plus en 2D dans l’espace des logos qu’en 3D dans l’espace urbain. Les campagnes d’effaçage tentent-elles de les ramener dans le réel où de les faire disparaître dans un non-lieu ?
D’après hiphop.fr
Tags Graff ...
Graffs à Marseille
B-Boys.com
HipHop2Picts
HipHop2Skpg
HipHop2Links
Bomb.sk
js014b3804.pwp.blueyonder
Jean Michel Basquiat
SmartWentCrazy
LES TAGS, SPECTRES DE LA JEUNESSE
Histoire d’une nouvelle pratique urbaine
Tags, rites de passages : vers la proposition d’une "trans-culture"
Graffs à Marseille

http://rocbo.lautre.net/graff/
Graffiti.org (1)
Graffiti.org (2)
Répondre à cet article