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RAPPORT DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA LANGUE FRANÇAISE
publié dans les documents administratifs
du Journal officiel du 6 décembre 1990
Introduction
Principes
I. - Analyses
1. Le trait d’union
2. Les marques du nombre
3. Le tréma et les accents
3.1. Le tréma
3.2. L’accent grave ou aigu sur le e
3.3. L’accent circonflexe
4. Les verbes en -eler, -eter
5. Le participe passé des verbes en emplois pronominaux
6. Les mots empruntés
7. Les anomalies
II. - Règles
III. - Graphies particulières fixées ou modifiées
IV. - Recommandations aux lexicographes et créateurs de néologismes
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INTRODUCTlON
Dans son discours du 24 octobre 1989, le Premier ministre
a proposé à la réflexion du Conseil supérieur cinq points précis concernant lorthographe :
- le trait d’union ;
- le pluriel des mots composés ;
- l’accent circonflexe ;
- le participe passé des verbes pronominaux ;
- diverses anomalies.
Cest sur ces cinq points que portent les présentes propositions. Elles ne visent pas seulement lorthographe du vocabulaire
existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.
Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis
favorable de lAcadémie française à lunanimité, ainsi que laccord du Conseil de la langue française du Québec
et celui du Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.
Ces rectifications sont modérées dans leur teneur et dans leur étendue.
| En résumé : |
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le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure
(exemple : portemonnaie comme portefeuille) ; |
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le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples
(des pèse-lettres) ; |
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l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots
(exemples : quil fût, mûr; |
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le participe passé : il sera invariable dans le cas de laisser suivi dun infinitif (exemple : elle sest laissé mourir) ; |
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les anomalies : |
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mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français
(exemple : un imprésario, des imprésarios); |
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séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre),
ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette). |
Ces propositions sont présentées sous forme,
dune part, de règles dapplication générale et de
modifications de graphies particulières, destinées aux usagers
et à lenseignement, et, dautre part, sous forme de recommandations
à lusage des lexicographes et des créateurs de néologismes.
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PRINCIPES
La langue française, dans ses formes orales et
dans sa forme écrite, est et doit rester le bien commun de millions
dêtres humains en France et dans le monde.
Cest dans lintérêt des générations
futures de toute la francophonie quil est nécessaire de continuer
à apporter à lorthographe des rectifications cohérentes
et mesurées qui rendent son usage plus sûr, comme il a toujours
été fait depuis le XVIIe siècle et comme
il est fait dans la plupart des pays voisins.
Toute réforme du système de lorthographe
française est exclue : nul ne saurait affirmer sans naïveté
quon puisse aujourdhui rendre « simple » la graphie de notre
langue, pas plus que la langue elle-même. Le voudrait-on, beaucoup
dirrégularités qui sont la marque de lhistoire ne pourraient
être supprimées sans mutiler notre expression écrite.
Les présentes propositions sappliqueront en priorité
dans trois domaines : la création de mots nouveaux, en particulier
dans les sciences et les techniques, la confection des dictionnaires,
lenseignement.
Autant que les nouveaux besoins de notre époque,
le respect et lamour de la langue exigent que sa créativité,
cest-à-dire son aptitude à la néologie, soit entretenue
et facilitée : il faut pour cela que la graphie des mots soit orientée
vers plus de cohérence par des règles simples.
Chacun sait la confiance quaccordent à leurs
dictionnaires non seulement écrivains, journalistes, enseignants,
correcteurs dimprimerie et autres professionnels de lécriture,
mais plus généralement tous ceux, adultes ou enfants, qui
écrivent la langue française. Les lexicographes, conscients
de cette responsabilité, jouent depuis quatre siècles un
rôle déterminant dans lévolution de lorthographe
: chaque nouvelle édition des dictionnaires faisant autorité
enregistre de multiples modifications des graphies, qui orientent lusage
autant quelles le suivent. Sur de nombreux points, les présentes
propositions entérinent les formes déjà données
par des dictionnaires courants. Elles sinscrivent dans cette tradition
de réfection progressive permanente. Elles tiennent compte de lévolution
naturelle de lusage en cherchant à lui donner une orientation
raisonnée et elles veillent à ce que celle-ci soit harmonieuse.
Lapprentissage de lorthographe du français continuera
à demander beaucoup defforts, même si son enseignement doit
être rendu plus efficace. Lapplication des règles par les
enfants (comme par les adultes) sera cependant facilitée puisquelles
gagnent en cohérence et souffrent moins dexceptions. Lorthographe
bénéficiera dun regain dintérêt qui devrait
conduire à ce quelle soit mieux respectée, et davantage
appliquée.
À lheure où létude du latin et
du grec ne touche plus quune minorité délèves,
il paraît nécessaire de rappeler lapport de ces langues
à une connaissance approfondie de la langue française, de
son histoire et de son orthographe et par conséquent leur utilité
pour la formation des enseignants de français. En effet, le système
graphique du français est essentiellement fondé sur lhistoire
de la langue, et les présentes rectifications nentament en rien
ce caractère.
Au-delà même du domaine de lenseignement,
une politique de la langue, pour être efficace, doit rechercher
la plus large participation des acteurs de la vie sociale, économique,
culturelle, administrative. Comme la déclaré le Premier
ministre, il nest pas question de légiférer en cette matière.
Les édits linguistiques sont impuissants sils ne sont pas soutenus
par une ferme volonté des institutions compétentes et sils
ne trouvent pas dans le public un vaste écho favorable. Cest pourquoi
ces propositions sont destinées à être enseignées
aux enfants les graphies rectifiées devenant la règle,
les anciennes demeurant naturellement tolérées ; elles sont
recommandées aux adultes, et en particulier à tous ceux
qui pratiquent avec autorité, avec éclat, la langue écrite,
la consignent, la codifient et la commentent.
On sait bien quil est difficile à un adulte de
modifier sa façon décrire. Dans les réserves quil
peut avoir à adopter un tel changement, ou même à
laccepter dans lusage des générations montantes, intervient
un attachement esthétique, voire sentimental, à limage
familière de certains mots. Lélaboration des présentes
propositions a constamment pris en considération, en même
temps que les arguments proprement linguistiques, cet investissement affectif.
On ne peut douter pourtant que le même attachement pourra plus tard
être porté aux nouvelles graphies proposées ici, et
que linvention poétique ny perdra aucun de ses droits, comme
on la vu à loccasion des innombrables modifications intervenues
dans lhistoire du français.
Le bon usage a été le guide permanent de
la réflexion. Sur bien des points il est hésitant et incohérent,
y compris chez les plus cultivés. Et les discordances sont nombreuses
entre les dictionnaires courants, ne permettant pas à lusager
de lever ses hésitations. Cest sur ces points que le Premier ministre
a saisi en premier lieu le Conseil supérieur, afin daffermir et
de clarifier les règles et les pratiques orthographique.
Dans lélaboration de ces propositions,
le souci constant a été quelles soient cohérentes
entre elles et quelles puissent être formulées de
façon claire
et concise. Enfin, les modifications préconisées ici respectent
lapparence des textes (dautant quelles ne concernent
pas les noms propres) : un roman contemporain ou du siècle dernier
doit être lisible
sans aucune difficulté. Des évaluations informatiques lont
confirmé de manière absolue.
Ces propositions, à la fois mesurées et
argumentées, ont été acceptées par les instances
qui ont autorité en la matière. Elles sinscrivent dans
la continuité du travail lexicographique effectué au cours
des siècles depuis la formation du français moderne. Responsable
de ce travail, lAcadémie française a corrigé la
graphie du lexique en 1694, 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878 et 1932-35.
En 1975 elle a proposé une série de nouvelles rectifications,
qui ne sont malheureusement pas passées dans lusage, faute dêtre
enseignées et recommandées. Cest dans le droit-fil de ce
travail que le Conseil a préparé ses propositions en sachant
que dans lhistoire, des délais ont toujours été
nécessaires pour que ladoption daméliorations de ce type
soit générale.
En entrant dans lusage, comme les rectifications passées
et peut-être plus rapidement, elles contribueront au renforcement,
à lillustration et au rayonnement de la langue française
à travers le monde.
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I.- ANALYSES
1. Le trait dunion
Le trait dunion a des emplois divers et importants en
français :
- des emplois syntaxiques : inversion du pronom sujet (exemple
: dit-il), et libre coordination (exemples : la ligne
nord-sud, le rapport qualité-prix). Il est utilisé
aussi dans lécriture des nombres, mais, ce qui est difficilement
justifiable, seulement pour les numéraux inférieurs à
cent (exemple : vingt-trois, mais cent trois) (Voir
Règle 1.)
- des emplois lexicaux dans des mots composés librement formés
(néologismes ou créations stylistiques, exemple
: train-train) ou des suites de mots figées (exemple
: porte-drapeau, va-nu-pied).
Dans ces emplois, la composition avec trait dunion
est en concurrence, dune part, avec la composition par soudure ou
agglutination (exemples : portemanteau, betterave), dautre
part, avec le figement dexpressions dont les termes sont autonomes
dans la graphie (exemples : pomme de terre, compte rendu).
Lorsque le mot composé contient un élément
savant (cest-à-dire qui nest pas un mot autonome : narco-,
poly-, etc.), il est généralement soudé (exemple
: narcothérapie) ou, moins souvent, il prend le trait dunion
(exemple : narco-dollar). Si tous les éléments
sont savants, la soudure est obligatoire (exemple : narcolepsie).
Dans lensemble, il est de plus en plus net quon a affaire à un
seul mot, quand on va de lexpression figée au composé doté
de trait dunion et au mot soudé.
Dans une suite de mots devenue mot composé, le
trait dunion apparaît dordinaire :
a) lorsque cette suite change de nature grammaticale
(exemple : il intervient à propos, il a de là-propos).
Il sagit le plus souvent de noms (un ouvre-boîte, un va-et-vient,
le non-dit, le tout-à-légout, un après-midi,
un chez-soi, un sans-gêne). Ces noms peuvent représenter
une phrase (exemples : un laissez-passer, un sauve-qui-peut,
le quen-dira-t-on). Il peut sagir aussi dadjectifs (exemple
: un décor tape-à-lil) ;
b) lorsque le sens (et parfois le genre ou le nombre)
du composé est distinct de celui de la suite de mots dont il est
formé (exemple : un rouge-gorge qui désigne
un oiseau). Il sagit le plus souvent de noms (un saut-de-lit,
un coq-à-lâne, un pousse-café, un à-coup)
dont certains sont des calques de mots empruntés (un gratte-ciel,
un franc-maçon) ;
c) lorsque lun des éléments a vieilli
et nest plus compris (exemples : un rez-de-chaussée,
un croc-en-jambe, à vau-leau). Lagglutination ou
soudure implique dordinaire que lon nanalyse plus les éléments
qui constituent le composé dans des mots de formation ancienne
(exemples : vinaigre, pissenlit, chienlit,
portefeuille, passeport, marchepied, hautbois, plafond),
etc. ;
d) lorsque le composé ne respecte pas les règles
ordinaires de la morphologie et de la syntaxe, dans des archaïsmes
(1a grand-rue, un nouveau-né, nu-tête)
ou dans des calques dautres langues (surprise-partie, sud-américain).
On remarque de très nombreuses hésitations
dans lusage du trait dunion et des divergences entre les dictionnaires,
ce qui justifie quon sapplique à clarifier la question, ce mode
de construction étant très productif. On améliorera
donc lusage du trait dunion en appliquant plus systématiquement
les principes que lon vient de dégager, soit à lutilisation
de ce signe, soit à sa suppression par agglutination ou soudure
des mots composés. (Voir Graphies 1, 2, 3 ; Recommandations 1,
2.)
2. Les marques du
nombre
Les hésitations concernant le pluriel de mots
composés à laide du trait dunion sont nombreuses. Ce problème
ne se pose pas quand les termes sont soudés (exemples :
un portefeuille, des portefeuilles ; un passeport,
des passeports).
Bien que le mot composé ne soit pas une simple
suite de mots, les grammairiens de naguère ont essayé de
maintenir les règles de variation comme sil sagissait de mots
autonomes, notamment :
- en établissant des distinctions subtiles : entre des gardes-meubles
(hommes) et des garde-meubles (lieux), selon une analyse erronée
déjà dénoncée par Littré ; entre
un porte-montre si lobjet ne peut recevoir quune montre, et
un porte-montres sil peut en recevoir plusieurs ;
- en se contredisant lun lautre, voire eux-mêmes, tantôt
à propos des singuliers, tantôt à propos des pluriels
: un cure-dent, mais un cure-ongles ; des après-midi,
mais des après-dîners, etc.
De même que mille-feuille ou millefeuille
(les deux graphies sont en usage) ne désigne pas mille (ou beaucoup
de) feuilles, mais un gâteau, et ne prend donc pas ds au
singulier, de même le ramasse-miettes ne se réfère
pas à des miettes à ramasser, ni à lacte de les
ramasser, mais à un objet unique. Dans un mot de ce type, le premier
élément nest plus un verbe (il ne se conjugue pas) ; lensemble
ne constitue donc pas une phrase (décrivant un acte), mais un nom
composé. Il ne devrait donc pas prendre au singulier la marque
du pluriel. À ce nom doit sappliquer la règle générale
daccord en nombre des noms : pas de marque au singulier, s ou
x final au pluriel. (Voir Règle 2.)
3. Le tréma et
les accents
3.1. Le tréma
Le tréma interdit quon prononce deux lettres
en un seul son (exemple : lait mais naïf). Il
ne pose pas de problème quand il surmonte une voyelle prononcée
(exemple : maïs), mais déroute dans les cas
où il surmonte une voyelle muette (exemple : aiguë)
: il est souhaitable que ces anomalies soient supprimées. De même
lemploi de ce signe doit être étendu aux cas où il
permettra déviter des prononciations fautives (exemples
: gageure, arguer). (Voir Graphies 4, 5.)
3.2. Laccent grave ou aigu
sur le e
Laccent aigu placé sur la lettre e a pour
fonction de marquer la prononciation comme « e fermé »,
laccent grave comme « e ouvert ». Il est
nécessaire de rappeler ici les deux règles fondamentales
qui régissent la quasi-totalité des cas :
Première règle :
La lettre e ne reçoit un accent aigu ou
grave que si elle est en finale de la syllabe graphique : é/tude
mais es/poir, mé/prise mais mer/cure, inté/ressant
mais intel/ligent, etc.
Cette règle ne connaît que les exceptions
suivantes :
- ls final du mot nempêche pas que lon accentue la
lettre e qui précède : accès, progrès
(avec s non prononcé), aloès, herpès
(avec s prononcé), etc.;
- dans certains composés généralement de formation
récente, les deux éléments, indépendamment
de la coupe syllabique, continuent à être perçus
chacun avec sa signification propre, et le premier porte laccent aigu.
Exemples : télé/spectateur (contrairement
à téles/cope), pré/scolaire (contrairement
à pres/crire), dé/stabiliser (contrairement
à des/tituer), etc.
Deuxième règle :
La lettre e ne prend laccent grave que si elle
est précédée dune autre lettre et suivie dune syllabe
qui comporte un e muet. Doù les alternances : aérer,
il aère ; collège, collégien
; célèbre, célébrer ; fidèle,
fidélité ; règlement, régulier
; oxygène, oxygéner, etc. Dans les mots échelon,
élever, etc., la lettre e nest pas précédée
dune autre lettre.
À cette règle font exception : les mots
formés à laide des préfixes dé- et
pré- (se démener, prévenir,
etc.) ; quelques mots, comme médecin, ère et
èche.
Lapplication de ces régularités ne souffre
quun petit nombre danomalies (exemples : un événement,
je considérerai, puissé-je, etc.), quil convient
de réduire. (Voir Règle 3, Graphies 6, 7, Recommandation
3.)
3.3. Laccent circonflexe
Laccent circonflexe représente une importante
difficulté de lorthographe du français, et même lusage
des personnes instruites est loin dêtre satisfaisant à cet
égard.
Lemploi incohérent et arbitraire de cet accent
empêche tout enseignement systématique ou historique. Les
justifications étymologiques ou historiques ne sappliquent pas
toujours : par exemple, la disparition dun s nempêche pas
que lon écrive votre, notre, mouche, molte, chaque, coteau,
moutarde, coutume, mépris, etc., et à linverse, dans
extrême par exemple, on ne peut lui trouver aucune justification.
Il nest pas constant à lintérieur dune même famille
: jeûner, déjeuner ; côte, coteau ;
grâce, gracieux ; mêler, mélange ; icône,
iconoclaste, ni même dans la conjugaison de certains verbes
(être, êtes, était, étant). De sorte
que des mots dont lhistoire est tout à fait parallèle sont
traités différemment : mû, mais su, tu,
vu, etc.; plaît, mais tait.
Lusage du circonflexe pour noter une prononciation est
loin dêtre cohérent : bateau, château ; noirâtre,
pédiatre ; zone, clone, aumône ; atome,
monôme. Sur la voyelle e, le circonflexe nindique pas,
dans une élocution normale, une valeur différente de celle
de laccent grave (ou aigu dans quelques cas) : comparer il mêle,
il harcèle ; même, thème ; chrême,
crème ; trêve, grève ; prêt,
secret ; vêtir, vétille. Si certains locuteurs
ont le sentiment dune différence phonétique entre a
et â, o et ô, è ou é
et ê, ces oppositions nont pas de réalité
sur les voyelles i et u (comparer cime, abîme
; haine, chaîne ; voûte, route,
croûte ; huche, bûche ; bout,
moût, etc.) Laccent circonflexe, enfin, ne marque le timbre
ou la durée des voyelles que dans une minorité des mots
où il apparaît, et seulement en syllabe accentuée
(tonique) ; les distinctions concernées sont elles-mêmes
en voie de disparition rapide.
Certes, le circonflexe paraît à certains
inséparable de limage visuelle de quelques mots et suscite même
des investissements affectifs (mais aucun adulte, rappelons-le, ne sera
tenu de renoncer à lutiliser).
Dès lors, si le maintien du circonflexe peut se
justifier dans certains cas, il ne convient pas den rester à la
situation actuelle : lamélioration de la graphie à ce sujet
passe donc par une réduction du nombre de cas où le circonflexe
est utilisé. (Voir Règle 4 ; Recommandation 4.)
4. Les verbes en -eler
et -eter
Linfinitif de ces verbes comporte un « e
sourd », qui devient « e ouvert » dans la conjugaison
devant une syllabe muette (exemple : acheter, jachète
; ruisseler, je ruisselle).
Il existe deux procédés pour noter le «
e ouvert », soit le redoublement de la consonne qui suit
1e e (exemple : ruisselle) ; soit le e
accent grave, suivi dune consonne simple (exemple : harcèle).
Mais, quant au choix entre ces deux procédés,
lusage ne sest pas fixé, jusquà lheure actuelle :
parmi les verbes concernés, il y en a peu sur lesquels tous les
dictionnaires sont daccord. La graphie avec è présente
lavantage de ramener tous ces verbes au modèle de conjugaison
de mener (il mène, elle mènera).
Quelques dérivés en -ement sont
liés à ces verbes (exemple : martèlement
ou martellement).
On mettra fin sur ce point aux hésitations, en
appliquant une règle simple. (Voir Règle 5.)
5. Le participe
passé des verbes en emplois pronominaux
Les règles actuelles sont parfois dune application
difficile et donnent lieu à des fautes, même chez les meilleurs
écrivains.
Cependant, il est apparu aux experts que ce problème
dorthographe grammaticale ne pouvait être résolu en même
temps que 1es autres difficultés abordées. Dabord il ne
sagit pas dune question purement orthographique, car elle touche à
la syntaxe et même à la prononciation. Ensuite il est impossible
de modifier la règle dans les participes de verbes en emplois pronominaux
sans modifier aussi les règles concernant les emplois non pronominaux
: on ne peut séparer les uns des autres, et cest lensemble quil
faudrait retoucher. Il ne sera donc fait quune proposition, permettant
de simplifier un point très embarrassant : le participe passé
de laisser suivi dun infinitif, dont laccord est pour le moins
incertain dans lusage. (Voir Règle 6.)
6. Les mots empruntés
Traditionnellement, les mots demprunt sintègrent
à la graphie du français après quelque temps. Certains,
malgré leur ancienneté en français, nont pas encore
subi cette évolution.
6.1. Singulier et pluriel
On renforcera lintégration des mots empruntés
en leur appliquant les règles du pluriel du français, ce
qui implique dans certains cas la fixation dune forme de singulier.
6.2. Traitement graphique
Le processus dintégration des mots empruntés
conduit à la régularisation de leur graphie, conformément
aux règles générales du français. Cela implique
quils perdent certains signes distinctifs « exotiques »,
et quils entrent dans les régularités de la graphie française.
On tiendra compte cependant du fait que certaines graphies étrangères,
anglaises en particulier, sont devenues familières à la
majorité des utilisateurs du français.
On rappelle par ailleurs que des commissions ministérielles
de terminologie sont chargées de proposer des termes de remplacement
permettant déviter, dans les sciences et techniques en particulier,
le recours aux mots empruntés. (Voir Règle 7 ; Graphies
8, 9 ; Recommandations 4, 5, 7, 8, 9.)
7. Les anomalies
Les anomalies sont des graphies non conformes aux règles
générales de lécriture du français (comme
ign dans oignon) ou à la cohérence dune série
précise. On peut classer celles qui ont été examinées
en deux catégories :
7.1 Séries désaccordées
Certaines graphies heurtent à la fois létymologie
et le sentiment de la langue de chacun, et chargent inutilement lorthographe
de bizarreries ce qui nest ni esthétique, ni logique, ni commode.
Conformément à 1a réflexion déjà menée
par lAcadémie sur cette question, ces points de détail
seront rectifiés. (Voir Graphies 10, 1l, 12, 13 ; Recommandation
6)
7.2. Dérivés formés sur les
noms qui se terminent par -on et -an
La formation de ces dérivés sest faite
et se fait soit en doublant le n final du radical, soit en le gardant
simple. Lusage, y compris celui des dictionnaires, connaît beaucoup
de difficultés et de contradictions, quil serait utile de réduire.
Sur les noms en -an (une cinquantaine de radicaux),
le n simple est largement prédominant dans lusage actuel.
Un cinquième des radicaux seulement redouble le n (pour
seulement un quart environ de leurs dérivés).
Sur les noms en -on (plus de 400 radicaux, et
trois fois plus de dérivés), la situation actuelle est plus
complexe. On peut relever de très nombreux cas dhésitation,
à la fois dans lusage et dans les dictionnaires. Selon quest
utilisé tel ou tel suffixe, il peut exister une tendance prépondérante
soit au n simple, soit au n double. On sappuiera sur ces
tendances quand elles existent pour introduire plus de régularité.
(Voir Recommandation 10.)
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II - RÈGLES
1. Trait dunion
: on lie par des traits dunion les numéraux formant un nombre
complexe, inférieur ou supérieur à cent.
Exemples : elle a vingt-quatre ans, cet ouvrage
date de lannée quatre-vingt-neuf, elle a cent-deux
ans, cette maison a deux-cents ans, il lit les pages cent-trente-deux
et deux-cent-soixante-et-onze, il possède sept-cent-mille-trois-cent-vingt-et-un
francs. (Voir Analyse 1.)
2. Singulier et pluriel
des noms composés comportant un trait dunion :
les noms composés dun verbe et dun nom suivent la règle
des mots simples, et prennent la marque du pluriel seulement quand ils
sont au pluriel, cette marque est portée sur le second élément.
Exemples : un pèse-lettre, des pèse-lettres,
un cure-dent, des cure-dents, un perce-neige, des
perce-neiges, un garde-meuble, des garde-meubles (sans
distinguer sil sagit dhomme ou de lieu), un abat-jour, des abat-jours.
Il en va de même des noms composés dune
préposition et dun nom. Exemples : un après-midi,
des après-midis, un après-ski, des après-skis,
un sans-abri, des sans-abris.
Cependant, quand lélément nominal prend
une majuscule ou quand il est précédé dun article
singulier, il ne prend pas de marque de pluriel. Exemple : des prie-Dieu,
des trompe-lil, des trompe-la-mort. (Voir Analyse
2.)
3 . Accent grave
: conformément aux régularités décrites plus
haut (Analyse 3.2) :
a) On accentue sur le modèle de semer les
futurs et conditionnels des verbes du type céder : je cèderai,
je cèderais, jallègerai, jaltèrerai,
je considèrerai, etc.
b) Dans les inversions interrogatives, la première
personne du singulier en e suivie du pronom sujet je porte
un accent grave : aimè-je, puissè-je, etc.
(Voir Analyse 3.2 ; Graphies 6, 7 ; Recommandation 3.)
4. Accent circonflexe
Si laccent circonflexe placé sur les lettres
a, o et e peut indiquer utilement des distinctions
de timbre (mâtin et matin ; côte et cote
; vôtre et votre ; etc.), placé sur i
et u il est dune utilité nettement plus restreinte
(voûte
et doute par exemple ne se distinguent dans la prononciation que
par la première consonne). Dans quelques terminaisons verbales
(passé simple, etc.), il indique des distinctions morphologiques
nécessaires. Sur les autres mots, il ne donne généralement
aucune indication, excepté pour de rares distinctions de formes
homographes.
En conséquence, on conserve laccent circonflexe
sur a, e, et o, mais sur i et sur u
il nest plus obligatoire, excepté dans les cas suivants :
a) Dans la conjugaison, où il marque une terminaison
:
Au passé simple (première et deuxième
personnes du pluriel) :
nous suivîmes, nous voulûmes, comme nous
aimâmes ;
vous suivîtes, vous voulûtes, comme vous
aimâtes.
À limparfait du subjonctif (troisième
personne du singulier) :
quil suivît, quil voulût, comme quil aimât.
Au plus-que-parfait du subjonctif, aussi nommé
parfois improprement conditionnel passé deuxième forme (troisième
personne du singulier) :
quil eût suivi, il eût voulu, comme quil
eût aimé.
Exemples :
Nous voulûmes quil prît la parole ;
Il eût préféré quon le prévînt.
b) Dans les mots où il apporte une distinction
de sens utile : dû, jeûne, les adjectifs mûr
et sûr, et le verbe croître (étant donné
que sa conjugaison est en partie homographe de celle du verbe croire).
Lexception ne concerne pas les dérivés et les composés
de ces mots (exemple : sûr, mais sureté
; croître, mais accroitre). Comme cétait déjà
le cas pour dû, les adjectifs mûr et sûr
ne prennent un accent circonflexe quau masculin singulier.
Les personnes qui ont déjà la maîtrise
de lorthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette
nouvelle norme. (Voir Analyse 3.3 ; Recommandation 4.)
Remarques :
- cette mesure entraîne la rectification de certaines
anomalies étymologiques, en établissant des régularités.
On écrit désormais mu (comme déjà su,
tu, vu, lu), plait (comme déjà tait, fait),
piqure, surpiqure (comme déjà morsure) traine,
traitre, et leurs dérivés (comme déjà
gaine, haine, faine), et ambigument, assidument, congrument,
continument, crument, dument, goulument, incongrument, indument, nument
(comme déjà absolument, éperdument, ingénument,
résolument) ;
- sur ce point comme sur les autres, aucune modification
nest apportée aux noms propres. On garde le circonflexe aussi
dans les adjectifs issus de ces noms (exemples : Nîmes,
nîmois.)
5. Verbes
en -eler et -eter
Lemploi du e accent grave pour noter le son «
e ouvert » dans les verbes en -eler et en -eter
est étendu à tous les verbes de ce type.
On conjugue donc, sur le modèle de peler
et dacheter : elle ruissèle, elle ruissèlera,
jépoussète, jétiquète, il
époussètera, il étiquètera.
On ne fait exception que pour appeler (et rappeler)
et jeter (et les verbes de sa famille), dont les formes sont les
mieux stabilisées dans lusage.
Les noms en -ement dérivés de ces
verbes suivront la même orthographe : amoncèlement, bossèlement,
chancèlement, cisèlement, cliquètement, craquèlement,
craquètement, cuvèlement, dénivèlement, ensorcèlement,
étincèlement, grommèlement, martèlement, morcèlement,
musèlement, nivèlement, ruissèlement, volètement.
(Voir Analyse 4.)
6. Participe passé
: le participe passé de laisser suivi dun infinitif
est rendu invariable : il joue en effet devant linfinitif un rôle
dauxiliaire analogue à celui de faire, qui est toujours
invariable dans ce cas (avec lauxiliaire avoir comme en emploi
pronominal).
Le participe passé de laisser suivi dun
infinitif est donc invariable dans tous les cas, même quand il est
employé avec lauxiliaire avoir et même quand lobjet est
placé avant le verbe. (Voir Analyse 5.)
Exemples :
Elle sest laissé mourir (comme déjà
elle sest fait maigrir) ;
Elle sest laissé séduire (comme
déjà elle sest fait féliciter) ;
Je les ai laissé partir (comme déjà
je les ai fait partir) ;
La maison quelle a laissé saccager (comme
déjà la maison quelle a fait repeindre).
7. Singulier et pluriel
des mots empruntés : les noms ou adjectifs dorigine
étrangère ont un singulier et un pluriel réguliers
: un zakouski, des zakouskis ; un ravioli, des raviolis
; un graffiti, des graffitis ; un lazzi, des lazzis
; un confetti, des confettis ; un scénario,
des scénarios ; un jazzman, des jazzmans,
etc. On choisit comme forme du singulier la forme la plus fréquente,
même sil sagit dun pluriel dans lautre langue.
Ces mots forment régulièrement leur pluriel
avec un s non prononcé (exemples : des matchs,
des lands, des lieds, des solos, des apparatchiks).
Il en est de même pour les noms dorigine latine (exemples
: des maximums, des médias). Cette proposition ne
sapplique pas aux mots ayant conservé valeur de citation (exemple
: des mea culpa).
Cependant, comme il est normal en français, les
mots terminés par s, x et z restent invariables (exemples
: un boss, des boss ; un kibboutz, des kibboutz
; un box, des box).
Remarque : le pluriel de mots composés
étrangers se trouve simplifié par la soudure (exemples
: des covergirls, des bluejeans, des ossobucos, des
weekends, des hotdogs). (voir Analyse 6 ; Graphies 8, 9
; Recommandations 4, 5, 7, 8, 9.)
Tableau résumé des règles
NUMÉRO |
ANCIENNE ORTHOGRAPHE |
NOUVELLE ORTHOGRAPHE |
1 |
vingt-trois, cent trois. |
vingt-trois, cent-trois. |
2 |
un cure-dents.
des cure-ongle.
un cache-flamme(s).
des cache-flamme(s).
|
un cure-dent.
des cure-ongles.
un cache-flamme.
des cache-flammes.
|
3 a |
je céderai, jallégerais. |
je cèderai, jallègerais. |
3 b |
puissé-je, aimé-je. |
puissè-je, aimè-je. |
4 |
il plaît, il se tait. la route, la voûte. |
il plait, il se tait. la route, la voute . |
|
5
|
il ruisselle, amoncèle.
|
il ruissèle, amoncèle. |
6 |
elle sest laissée aller.
elle sest laissé appeler.
|
elle sest laissé aller.
elle sest laissé appeler.
|
7 |
des jazzmen, des lieder. |
des jazzmans, des lieds. |
|
|
|
III. - GRAPHIES
PARTICULIÈRES FIXÉES OU MODIFIÉES
Ces listes, restreintes, sont limitatives.
Il sagit en général de mots dont la graphie
est irrégulière ou variable ; on la rectifie, ou bien lon
retient la variante qui permet de créer les plus larges régularités.
Certains de ces mots sont déjà donnés par un ou plusieurs
dictionnaires usuels avec la graphie indiquée ici : dans ce cas,
cest une harmonisation des dictionnaires qui est proposée.
1. Mots composés
: on écrit soudés les noms de la liste suivante, composés
sur la base dun élément verbal généralement
suivi dune forme nominale ou de « tout ».
Les mots de cette liste, ainsi que ceux de la liste B
ci-après (éléments nominaux et divers), sont en général
des mots anciens dont les composants ne correspondent plus au lexique
ou à la syntaxe actuels (chaussetrappe) ; y figurent aussi
des radicaux onomatopéiques ou de formation expressive (piquenique,
passepasse), des mots comportant des dérivés (tirebouchonner),
certains mots dont le pluriel était difficile (un brisetout,
dont le pluriel devient des brisetouts, comme un faitout,
des faitouts, déjà usité), et quelques composés
sur porte-, dont la série compte plusieurs soudures déjà
en usage (portefaix, portefeuille, etc.). Il était
exclu de modifier dun coup plusieurs milliers de mots composés,
lusage pourra le faire progressivement. (Voir Analyse 1 ; Recommandations
1, 2.)
Liste A
|
arrachepied (d).
boutentrain.
brisetout.
chaussetrappe.
clochepied (à).
coupecoupe.
couvrepied.
crochepied.
croquemadame,
|
croquemitaine,
croquemonsieur.
croquemort.
croquenote.
faitout.
fourretout.
mangetout.
mêletout.
passepartout.
|
passepasse.
piquenique.
porteclé.
portecrayon.
portemine.
portemonnaie.
portevoix.
poucepied.
poussepousse.
|
risquetout.
tapecul.
tirebouchon.
tirebouchonner.
tirefond.
tournedos.
vanupied.
|
2. Mots composés : on écrit soudés
également les noms de la liste suivante, composés déléments
nominaux et adjectivaux (Voir Analyse 1; Recommandations 1, 2).
Liste B
|
arcboutant.
autostop.
autostoppeur, euse.
bassecontre.
bassecontriste.
bassecour.
bassecourier.
basselisse.
basselissier.
|
bassetaille.
branlebas.
chauvesouris
chèvrepied.
cinéroman.
hautecontre.
hautelisse.
hautparleur.
jeanfoutre.
|
lieudit.
millefeuille.
millepatte.
millepertuis.
platebande.
potpourri.
prudhomme.
quotepart.
sagefemme.
|
saufconduit.
téléfilm.
terreplein.
vélopousse.
véloski.
vélotaxi.
|
3. Onomatopées : on écrit soudés les
onomatopées et mots expressifs (de formations diverses) de la liste
suivante (Voir Analyse 1; Recommandations 1, 2)
Liste C
|
blabla.
bouiboui.
coincoin.
froufrou.
|
grigri.
kifkif.
mélimélo.
pêlemêle.
|
pingpong.
prêchiprêcha.
tamtam.
tohubohu.
|
traintrain.
troutrou.
tsétsé.
|
4. Tréma : dans les mots suivants, on place le tréma
sur la voyelle qui doit être prononcée : aigüe
(et dérivés, comme suraigüe, etc.), ambigüe,
exigüe, contigüe, ambigüité, exigüité,
contigüité, cigüe. Ces mots appliquent ainsi la règle
générale : le tréma indique quune lettre (u)
doit être prononcée (comme voyelle ou comme semi-voyelle)
séparément de la lettre précédente (g).
(voir Analyse 3.1.)
5. Tréma
: le même usage du tréma sapplique aux mots suivants où
une suite -gu ou -geu- conduit à des prononciations
défectueuses (il argue prononcé comme nargue).
On écrit donc: il argüe (et toute la conjugaison du
verbe argüer) ; gageüre, mangeüre, rongeüre,
vergeüre. (Voir Analyse 3.1.)
6. Accents : on munit dun accent les mots de la liste
suivante où il avait été omis, ou dont la prononciation
a changé. (Voir Analyse 3.2 ; Règle 3 ; Recommandation 3.)
Liste D
|
asséner.
bélitre.
bésicles.
démiurge.
|
gélinotte.
québécois.
recéler.
recépage.
|
recépée.
recéper.
réclusionnaire.
réfréner.
|
sèneçon.
sénescence.
sénestre.
|
7. Accents
: laccent est modifié sur les mots de la liste suivante qui avaient
échappé à la régularisation entreprise par
lAcadémie française aux XVIIIe et XIXe siècles,
et qui se conforment ainsi à la règle générale
daccentuation. (Voir Analyse 3.2 ; Règle 3 ; Recommandation 3.)
Liste E
|
abrègement.
affèterie.
allègement.
allègrement.
assèchement.
cèleri.
|
complètement (nom).
crèmerie.
crèteler.
crènelage.
crèneler.
crènelure.
|
empiètement.
évènement.
fèverole.
hébètement.
règlementaire.
règlementairement.
|
règlementation.
règlementer.
sècheresse.
sècherie.
sènevé.
vènerie.
|
8. Mots empruntés
: on écrit soudés les mots de la liste suivante, composés
dorigine latine ou étrangère, bien implantés dans
lusage et qui nont pas valeur de citation. (Voir Analyse 6 ; Règle
7 ; Recommandations 4, 5, 7, 8, 9.)
Liste F
|
Mots dorigine latine
(employés comme noms - exemple : un apriori)
|
apriori.
exlibris.
exvoto.
|
statuquo.
vadémécum
|
|
Mots dorigine étrangère
|
baseball.
basketball.
blackout.
bluejean.
chichekébab.
chowchow.
covergirl.
cowboy.
fairplay.
globetrotteur.
handball.
|
harakiri.
hotdog.
lockout.
majong.
motocross.
ossobuco.
pipeline.
sidecar.
striptease.
volleyball.
weekend.
|
|
9. Accentuation des mots
empruntés : on munit daccents les mots de la liste
suivante, empruntés à la langue latine ou à dautres
langues, lorsquils nont pas valeur de citation. (Voir Analyse 6 ; Règle
7 ; Recommandations 4, 5, 7, 8, 9.)
Liste G
|
Mots dorigine latine
|
artéfact.
critérium.
déléatur.
délirium trémens.
désidérata.
duodénum.
exéat.
exéquatur.
facsimilé.
jéjunum.
linoléum.
média.
mémento.
|
mémorandum.
placébo.
proscénium.
référendum.
satisfécit.
sénior.
sérapéum.
spéculum.
tépidarium.
vadémécum.
vélarium.
vélum.
véto.
|
|
Mots empruntés à dautres langues
|
allégretto.
allégro.
braséro.
candéla.
chébec.
chéchia.
cicérone.
condottière.
décrescendo.
diésel.
édelweiss.
impresario.
kakémono.
|
méhalla.
pédigrée.
pérestroïka.
péséta.
péso.
piéta.
révolver.
séquoia.
sombréro.
téocalli.
trémolo.
zarzuéla.
|
|
10. Anomalies :
des rectifications proposées par lAcadémie (en 1975) sont
reprises, et sont complétées par quelques rectifications
de même type. (Voir Analyse 7.)
Liste H
absout, absoute (participe, au lieu de absous, absoute).
appâts (au lieu de appas).
assoir, rassoir, sursoir (au lieu de asseoir, etc.) (a).
bizut (au lieu de bizuth) (b).
bonhommie (au lieu de bonhomie).
boursoufflement (au lieu de boursouflement).
boursouffler (au lieu de boursoufler).
boursoufflure (au lieu de boursouflure).
cahutte (au lieu de cahute).
charriot (au lieu de chariot).
chaussetrappe (au lieu de chausse-trape).
combattif (au lieu de combatif).
combattivité (au lieu de combativité).
cuisseau (au lieu de cuissot).
déciller (au lieu de dessiller) (c).
dissout, dissoute (au lieu de dissous, dissoute).
douçâtre (au lieu de douceâtre) (d).
embattre (au lieu de embatre).
exéma (au lieu de eczéma) et ses dérivés
(e).
guilde (au lieu de ghilde, graphie dorigine étrangère).
homéo- (au lieu de homoeo-).
imbécilité (au lieu de imbécillité).
innommé (au lieu de innomé).
levreau (au lieu de levraut).
nénufar (au lieu de nénuphar).
ognon (au lieu de oignon).
pagaille (au lieu de pagaïe, pagaye) (g).
persifflage (au lieu de persiflage).
persiffler (au lieu de persifler).
persiffleur (au lieu de persifleur).
ponch (boisson, au lieu de punch) (h).
prudhommal (avec soudure) (au lieu de prudhomal).
prudhommie (avec soudure) (au lieu de prudhomie).
relai (au lieu de relais) (i).
saccarine (au lieu de saccharine) et ses nombreux dérivés.
sconse (au lieu de skunks) (j).
sorgo (au lieu de sorgho, graphie dorigine étrangère).
sottie (au lieu de sotie).
tocade (au lieu de toquade).
ventail (au lieu de vantail) (k).
Notes :
(a) Le e ne se prononce plus. LAcadémie
française écrit déjà jassois (à
côté de jassieds), jassoirai, etc. (mais
je surseoirai). Assoir sécrit désormais comme
voir (ancien français veoir), choir (ancien
français cheoir), etc.
(b) À cause de bizuter, bizutage.
(c) À rapprocher de cil. Rectification
dune ancienne erreur détymologie.
(d) Cea est une ancienne graphie rendue inutile
par lemploi de la cédille.
(e) La suite cz est exceptionnelle en français.
Exéma comme examen.
(f) Mot dorigine arabo-persane. LAcadémie a
toujours écrit nénufar, sauf dans la huitième
édition (1932-1935).
(g) Des trois graphies de ce mot, celle-ci est la plus
conforme aux règles et la moins ambiguë.
(h) Cette graphie évite lhomographie avec punch
(coup de poing) et lhésitation sur la prononciation.
(i) Comparer relai-relayer, avec balai-balayer,
essai-essayer, etc.
(j) Des sept graphies quon trouve actuellement, celle-ci
est la plus conforme aux règles et la moins ambiguë.
(k) À rapprocher de vent ; rectification
dune ancienne erreur détymologie.
11. Anomalies
: on écrit en -iller les noms suivants anciennement
en -illier, où le i qui suit la consonne ne sentend
pas (comme poulailler, volailler) : joailler, marguiller,
ouillère, quincailler, serpillère.
(Voir Analyse 7.)
12. Anomalies
: on écrit avec un seul l (comme bestiole, camisole,
profiterole, etc.) les noms suivants : barcarole, corole,
fumerole, girole, grole, guibole, mariole, et les mots moins fréquents
: bouterole, lignerole, muserole, rousserole, tavaïole,
trole. Cette terminaison se trouve ainsi régularisée,
à lexception de folle, molle, de colle et de ses
composés. (Voir Analyse 7.)
13. Anomalies
: le e muet nest pas suivi dune consonne double dans les mots
suivants, qui rentrent ainsi dans les alternances régulières
(exemples : lunette, lunetier, comme noisette, noisetier
; prunelle, prunelier comme chamelle, chamelier, etc.) :
interpeler (au lieu de interpeller) ; dentelière
(au lieu de dentellière) ; lunetier (au lieu de lunettier)
; prunelier (au lieu de prunellier). (Voir Analyse 7.)
Liste des graphies rectifiées
|
abrègement.
absout.
affèterie.
aigüe.
allègement.
allègrement.
allégretto.
allégro.
ambigüe.
ambigüité.
appâts.
apriori
arcboutant
argüer.
arrachepied (d).
artéfact.
assèchement.
asséner.
assoir.
autostop.
autostoppeur, euse.
barcarole.
baseball.
basketball.
bassecontre.
bassecontriste.
bassecour.
bassecourier.
basselisse.
basselissier.
bassetaille.
bélitre.
bésicles.
bizut.
blabla.
blackout.
bluejean.
bonhommie.
bouiboui.
boursoufflement.
boursouffler.
boursoufflure.
boutentrain.
bouterole.
branlebas.
braséro.
brisetout.
cahutte.
candéla.
cèleri.
charriot.
chaussetrappe.
chauvesouris.
chébec.
chéchia.
chèvrepied.
chichekébab.
chowchow.
cicérone.
cigüe.
cinéroman.
clochepied (à).
coincoin.
combattif.
combattivité.
complètement.
condottière.
contigüe.
contigüité.
|
corole.
coupecoupe.
couvrepied.
covergirl.
cowboy.
crèmerie.
crènelage.
crèneler.
crènelure.
crèteler.
critérium.
crochepied.
croquemadame.
croquemitaine.
croquemonsieur.
croquemort.
croquenote.
cuisseau.
déciller.
décrescendo.
déléatur.
délirium trémens.
démiurge.
dentelière.
désidérata.
diésel.
dissout.
douçâtre.
duodénum.
édelweiss.
embattre.
empiètement.
évènement.
exéat.
exéma.
exéquatur.
exigüe.
exigüité.
exlibris.
exvoto.
facsimilé.
fairplay.
faitout.
fèverole.
fourretout.
froufrou
fumerole.
gageüre.
gélinotte.
girole.
globetrotteur.
grigri.
grole.
guibole.
guilde.
handball.
harakiri.
hautecontre.
hautelisse.
hautparleur.
hébètement.
homéo-.
hotdog.
imbécilité.
imprésario.
innommé.
interpeler
jeanfoutre.
jéjunum.
|
joailler.
kakémono.
kifkif
levreau.
lieudit.
lignerole.
linoléum.
lockout.
lunetier.
majong.
mangetout.
mangeüre.
marguiller.
mariole.
média.
méhalla.
mêletout.
mélimélo
mémento.
mémorandum.
millefeuille.
millepatte.
millepertuis.
motocross.
muserole.
nénufar.
ognon.
ossobuco.
ouillère.
pagaille.
passepartout.
passepasse.
pédigrée.
pêlemêle.
pérestroïka
persifflage.
persiffler.
persiffleur.
péséta.
péso
piéta.
pingpong.
pipeline.
piquenique.
placébo.
platebande.
ponch.
porteclé.
portecrayon.
portemine.
portemonnaie.
portevoix.
potpourri
poucepied.
poussepousse.
prêchiprêcha.
proscénium.
prudhommal.
prudhomme.
prudhommie.
prunelier.
québécois.
quincailler.
quotepart.
rassoir.
recéler.
recépage.
récépée.
recéper.
|
réclusionnaire.
référendum.
réfréner
règlementaire.
règlementairement.
règlementation.
règlementer.
relai.
révolver.
risquetout.
rongeüre.
rousserole.
saccarine.
sagefemme
satisfécit.
saufconduit.
sconse.
sècheresse.
sècherie.
sèneçon.
sénescence.
sénestre.
sènevé.
sénior.
séquoia.
sérapéum.
serpillère.
sidecar.
sombréro.
sorgo.
sottie.
spéculum.
statuquo.
striptease.
suraigüe.
sursoir.
tamtam.
tapecul.
tavaïole.
téléfilm.
téocalli.
tépidarium.
terreplein.
tirebouchon.
tirebouchonner.
tirefond.
tocade.
tohubohu.
tournedos.
traintrain.
trémolo.
trole.
troutrou.
tsétsé.
vadémécum.
vanupied.
vélarium.
vélopousse.
véloski.
vélotaxi.
vélum.
vènerie.
ventail.
vergeüre.
véto.
volleyball.
weekend.
zarzuéla.
|
|
|
|
IV.
- RECOMMANDATIONS AUX LEXICOGRAPHES ET CRÉATEURS DE NÉOLOGISMES
Les recommandations qui suivent ont pour but dorienter
lactivité des lexicographes et créateurs de néologismes
de façon à améliorer lharmonie et la cohérence
de leurs travaux. Elles ne sont pas destinées dans un premier
temps à lutilisateur, particulier ou professionnel, ni à
lenseignement.
1. Trait dunion
: le trait dunion pourra être utilisé notamment lorsque
le nom composé est employé métaphoriquement : barbe-de-capucin,
langue-de-buf (en botanique), bonnet-dévêque
(en cuisine et en architecture) ; mais on écrira taille de guêpe
(il ny a métaphore que sur le second terme), langue de terre
(il ny a métaphore que sur le premier terme), langue de buf
(en cuisine, sans métaphore). (Voir Analyse I.)
2. Mots composés
: quant à lagglutination, on poursuivra laction de lAcadémie
française, en recourant à la soudure dans les cas où
le mot est bien ancré dans lusage et senti comme une seule unité
lexicale. Cependant, on évitera les soudures mettant en présence
deux lettres qui risqueraient de susciter des prononciations défectueuses
ou des difficultés de lecture (*). (Voir Analyse 1.)
* Il y a risque de prononciation défectueuse quand
deux lettres successives peuvent être lues comme une seule unité
graphique, comme les lettres o et i, a et i,
o et u, a et u. Exemples : génito-urinaire,
extra-utérin. Pour résoudre la difficulté, la
terminologie scientifique préfère parfois le tréma
au trait dunion (radioïsotope, sur le modèle de coïncidence).
Toutefois lAcadémie a estimé quon pouvait conserver le
trait dunion en cas de contact entre deux voyelles (contre-attaque,
ou contrattaque avec élision comme dans contrordre).
De même elle a jugé utile le recours éventuel au trait
dunion dans les mots formés de plus de deux composants, fréquents
dans le vocabulaire scientifique. Par ailleurs, on rappelle que le s
placé entre deux voyelles du fait de la composition se prononce
sourd : pilosébacé, sacrosaint.
Lextension de la soudure pourra concerner les cas suivants
:
a) Des noms composés sur la base dun élément
verbal suivi dune forme nominale ou de tout (voir plus haut, liste
A, les exemples dès maintenant proposés à lusage
général).
b) Des mots composés dune particule invariable
suivie dun nom, dun adjectif ou dun verbe ; la tendance existante
à la soudure sera généralisée avec la particules
contre, entre quand elles sont utilisés comme préfixes,
sur le modèle de en, sur, supra, et de la plupart
des autres particules, qui sont déjà presque toujours soudées.
Lusage de lapostrophe sera également supprimé par la soudure.
Exemples : contrechant (comme contrechamp),
à contrecourant (comme à contresens), contrecourbe
(comme contrechâssis), contrefeu (comme contrefaçon),
contrespionnage (comme contrescarpe), contrappel
(comme contrordre), entraide (comme entracte), entreligne
(comme entrecôte), sentrenuire (comme sentrechoquer),
sentredévorer (comme sentremanger), etc.
c) Des mots composés au moyen des préfixes
latins : extra, intra, ultra, infra.
Exemples : extraconjugal (comme extraordinaire)
; ultrafiltration, infrasonore, etc.
d) Des noms composés déléments
nominaux et adjectivaux devenus peu analysables aujourdhui. Voir plus
haut, liste B, les exemples dès maintenant proposés à
lusage général.
e) Des mots composés à partir donomatopées
ou similaires sur le modèle de la liste C (voir plus haut).
f) Des noms composés dorigine latine ou étrangère,
bien implantés dans lusage, employés sans valeur de citation.
Voir plus haut, liste F, les exemples dès maintenant proposés
à lusage général.
g) Les nombreux composés sur éléments
« savants » (en particulier en o). On écrira
donc par exemple : aéroclub, agroalimentaire, ampèreheure,
audiovisuel, autovaccin, cardiovasculaire, cinéclub, macroéconomie,
minichaîne, monoatomique, néogothique, pneumohémorragie,
psychomoteur, radioactif, rhinopharyngite, téléimprimeur,
vidéocassette, etc.
Remarque : le trait dunion est justifié quand
la composition est libre, et sert précisément à marquer
une relation de coordination entre deux termes (noms propres ou géographiques)
: les relations italo-françaises (ou franco-italiennes),
les contentieux anglo-danois, les mythes gréco-romains,
la culture finno-ougrienne, etc.
3. Accentuation des mots
empruntés : on mettra un accent sur des mots empruntés
au latin ou à dautres langues intégrés au français
(exemples : artéfact, braséro), sauf sils
gardent un caractère de citation (exemple : un requiem).
Voir plus haut, liste G, les exemples dès maintenant proposés
à lusage général. Certains de ces mots sont déjà
accentués dans des dictionnaires. (Voir Analyse 3.2 et 6 ; Règle
3 ; Graphies 6, 7.)
4. Accentuation des mots
empruntés et des néologismes : on nutilisera
plus laccent circonflexe dans la transcription demprunts, ni dans la
création de mots nouveaux (sauf dans les composés issus
de mots qui conservent laccent). On peut par exemple imaginer un repose-flute,
mais un allume-dôme, un protège-âme (Voir
Analyses 3.3 et 6 ; Règle 4.)
5. Singulier et pluriel
des noms empruntés : on fixera le singulier et le
pluriel des mots empruntés conformément à la règle
7 ci-dessus. (Voir Analyse 6 ; Règle 7 ; Graphies 8, 9.)
6. Anomalies
: on mettra fin aux hésitations concernant la terminaison -otter
ou -oter, en écrivant en -otter les verbes formés
sur une base en -otte (comme botter sur botte) et
en -oter les verbes formés sur une base en -ot (comme
garroter sur garrot, greloter sur grelot)
ou ceux qui comportent le suffixe verbal -oter (exemples
: baisoter, frisoter, cachoter, dansoter, mangeoter, comme clignoter,
crachoter, toussoter, etc.). Dans les cas où lhésitation
est possible, on ne modifiera pas la graphie (exemples : calotter
sur calotte ou sur calot, flotter sur flotte
ou sur flot, etc.), mais, en cas de diversité dans lusage,
on fixera la graphie sous la forme -oter. (Voir Analyse 7, Graphie
10, 11, 12, 13.)
Les dérivés suivront le verbe (exemples
: cachotier, grelotement, frisotis, etc.).
7. Emprunts :
on francisera dans toute la mesure du possible les mots empruntés
en les adaptant à lalphabet et à la graphie du français.
Cela conduit à éviter les signes étrangers (diacritiques
ou non) nappartenant pas à notre alphabet (par exemple, å),
qui subsisteront dans les noms propres seulement. Dautre part, des combinaisons
inutiles en français seront supprimées : volapük
deviendra volapuk, muesli deviendra musli (déjà
usité), nirvâna sécrira nirvana, le
ö pourra, selon la prononciation en français, être
remplacé par o (maelström deviendra maelstrom,
déjà usité) ou oe (angström deviendra
angstroem, déjà usité, röstis
deviendra roestis, déjà usité). Bien que les
emplois de gl italien et ñ, ll espagnols soient
déjà familiers, on acceptera des graphies comme taliatelle
(tagliatelle) paélia (paella), lianos (llanos), canyon
qui évitent une lecture défectueuse. (Voir Analyse 6 ; Graphies
8, 9.)
8. Emprunts
: dans les cas où existent plusieurs graphies dun mot emprunté,
on choisira celle qui est la plus proche du français (exemple
: des litchis, un enfant ouzbek, un bogie, un canyon,
du musli, du kvas, cascher, etc.). (Voir Analyse
6 ; Graphies 8, 9.)
9. Emprunts
: le suffixe nominal -er des anglicismes se prononce tantôt
comme dans mer (exemples : docker, révolver, starter)
et plus souvent comme dans notre suffixe -eur (exemple :
leader, speaker) ; parfois deux prononciations coexistent (exemples
: cutter, pull-over, scooter). Lorsque la prononciation du -er
(final) est celle de -eur, on préférera ce suffixe
(exemple : debatter devient débatteur). La
finale en -eur sera de règle lorsquil existe un verbe de
même forme à côté du nom (exemples :
squatteur, verbe squatter ; kidnappeur, verbe kidnapper,
etc.). (Voir Analyse 6 ; Graphies 8, 9.)
10. Néologie
: dans lécriture de mots nouveaux dérivés de noms
en -an, le n simple sera préféré dans
tous les cas ; dans lécriture de mots nouveaux dérivés
de noms en -on, le n simple sera préféré
avec les terminaisons suffixales commençant par i, o et
a. On écrira donc par exemple : -onite, -onologie, -onaire,
-onalisme, etc. (Voir Analyse 7.)
Remarque générale. Il est recommandé
aux lexicographes, au-delà des rectifications présentées
dans ce rapport et sur leur modèle, de privilégier, en cas
de concurrence entre plusieurs formes dans lusage, la forme la plus simple
: forme sans circonflexe, forme agglutinée, forme en n simple,
graphie francisée, pluriel régulier, etc.
TABLEAU SYNOPTIQUE DES CORRESPONDANCES
entre analyses, règles, graphies et recommandations
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Analyses
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Règles
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Graphies
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Recommandations
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1
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1
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1, 2, 3
|
1, 2
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|
2
|
2
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3.1
3.2
3.3
|
3
4
|
4,5
6, 7
|
3
4
|
|
4
|
5
|
|
|
|
5
|
6
|
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|
|
6
|
7
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8, 9
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4, 5, 7, 8, 9
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|
7
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10, 11, 12, 13
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6, 10
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| Source : Académie française > Rectifications de l'orthographe |
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Articles connexes
- Journal officiel du 26 juillet 1901
- Journal officiel du 9 février 1977
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