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De l'Apostrophe (et de ses faux-amis)

En 1501, Alde Manuce publie Le cose volgari di messer Francesco Petrarcha. Alde a utilisé un texte ancien de Pétrarque. Outre le point-virgule (réinventé par Bembo), on remarque tant dans le texte, l’usage de l’apostrophe pour marquer l’élision (par exemple l’honorata), comme on le fait encore aujourd’hui en italien et en français. L’apostrophe existait chez les Grecs, mais avait disparu avec le latin classique. Elle perdura toutefois en latin populaire et se voit dans des manuscrits d’auteurs comme Virgile ou Priscien. On la trouve de même dans des textes médiévaux français, Lancelot ou Chevalier de la charrette, roman de Chrétien de Troyes (vers 1180) par exemple.

De l'apostrophe
A, E, & I, souvent ne s'écrivent point, principalement E, en la fin d'aucuns petits mots d'une syllabe, ou quelque fois de plusieurs, quand on les joint à une autre qui se commence par la même ou autre voyelle : lors (selon la coutume des grecs) en la place de la lettre qu'on a retirée, ou détournée du mot précédent, on met un demi cercle au dessus de la lettre fait en cette façon ', lequel on appelle d'un mot Grec Apostrophe, qui signifie retirement, ou détournement. Et cela se fait afin qu'on ne prononce la lettre ôtée, et que tellement les deux mots soient joints en un, qu'il n'y ait qu'une prononciation de deux.
Extrait du Traicté de la Grammaire Francoise de Robert Estienne,1569.

L’apostrophe est un signe typographique de l’alphabet grec qui indique l’élision, elle a été empruntée par d’autres écritures, dont l’alphabet latin.

En raison des contraintes techniques des claviers de machines à écrire et des ordinateurs, elle est très souvent tracée comme une barre verticale droite. Cette apostrophe est appelée apostrophe dactylographique ou droite. Selon les usages des typographes, l’apostrophe devrait être courbe, mais de nombreuses polices de caractères la représentent par une barre inclinée. Unicode distingue bien les différents œils de l’apostrophe ainsi que ses différentes fonctions : signe typographique de ponctuation, signe diacritique ou lettre. Il recommande d’utiliser le guillemet-apostrophe « ’ » (U+2019) comme apostrophe typographique.

Il existe plusieurs signes qui, bien que proches de l’apostrophe, ne devraient pas être confondus avec elle (voir ci-contre et tableau Unicode ci-dessous).

Son usage principal en français est l’élision (remplacer « le art » par « l’art »). Cependant, contrairement aux autres langues, cette élision n’est pas réservée au langage populaire ; elle est même obligatoire en bon français (sauf après la voyelle u, « t’as » restant populaire en français). Ce serait d’ailleurs une grave faute d’écrire quelque chose comme «le usage de la apostrophe» ou « lusage de lapostrophe ». Ceci rend du coup l’apostrophe particulièrement fréquente en français, d’autant que les articles et pronoms usuels se terminent par une voyelle (le, la, je, de…). Si on compte les lettres et autres signes (de ponctuation, parenthèses, apostrophes, etc.) dans de gros textes traduits en plusieurs langues (par exemple les Évangiles ou le Projet de Constitution européenne), on trouve toujours un résultat avec les proportions suivantes (concernant le nombre d’apostrophes) : 10 000 pour le français, 6000 pour l'italien, 500 pour l'anglais et quelques-unes pour l'allemand et l'espagnol. Pas étonnant donc que les Français soient pratiquement les seuls à se plaindre que l’apostrophe n’ait plus suivi un long cours tranquille et ce depuis que les dactylographes puis les informaticiens s’en sont mêlés !
Jacques André in Funeste destinée : l’apostrophe détournée, Graphê 39.

D'après l'article « http://fr.wikipedia.org/wiki/Apostrophe_(typographie) » de wikipedia
et le site de Jacques André http://jacques-andre.fr/japublis/

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