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L'impossible réforme de l'orthographe
J'ai tenu à laisser les commantaires associés à cet article de Ouest-France :
ils illustrent assez bien l'appréhension qu'ont les intervenants de la réforme de l'orthographe.
L'impossible réforme de l'orthographe
Par Jean Huchet, jeudi 26 mars 2009
Le débat sur l’orthographe revient régulièrement sur le tapis. La querelle des Anciens et des Modernes oppose depuis des lustres, d’un côté les tenants de l’orthodoxie pour lesquels il faut défendre au pied de la lettre notre chère grammaire, nos saintes règles et la rigueur orthographique et, de l’autre côté, les pragmatiques qui plaident pour une simplification du français écrit.
En réalité, plusieurs débats se superposent derrière cette empoignade dont la mèche est souvent allumée, fort justement, par les difficultés des enseignants et des élèves face au cours de français. J’identifie au moins trois duos/duels qu’il faut impérativement situer dans une perspective historique : langue écrite/langue parlée, langue figée/langue vivante, langue "pure"/langue "pervertie".

Langue écrite/langue parlée. Le français châtié, tel qu’on l’écrit avec plus ou moins de bonheur, n’est pas celui que l’on parle. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Jusqu’au XXe siècle, le français n’était pas la langue vernaculaire de la majorité des Français. Il y avait les langues régionales, les parlers régionaux (appelés patois) qui sont encore pratiqués, en concurrence avec le français. Il faut y ajouter les argots, les nouveaux langages des banlieues ou ceux des jeunes. Le français parlé actuel - il faudrait dire les français parlés - est l’héritier de ces différentes traditions linguistiques.
Nombre de scolaires découvrent le français écrit à l’école et doivent l’apprendre, avec ses codes et ses règles compliquées, mais dont ils n’ont pas forcément l’usage au quotidien. L’orthographe de beaucoup de mots ne se comprend qu’à la lumière de leurs racines grecques, latines ou germaniques. La grammaire, la syntaxe obéissent à des règles logiques proches des mathématiques. Le génie de cette langue repose sur ce socle. Comment y toucher sans la dénaturer ? En revanche, de doctes savants ont ajouté au fil du temps de nouvelles strates de vocabulaire et de règles grammaticales inutiles, qui ont compliqué la langue sans vraiment lui apporter un supplément d’âme. Il y a du dépoussiérage à faire.

Langue figée/langue vivante. Depuis ses premiers pas écrits au IXe siècle, la langue romane, puis française, a subi une évolution constante. Souvent, ce fut l’usage quotidien qui engendra les changements. À notre époque, il en va encore ainsi. Des mots naissent, des orthographes apparaissent, des tournures nouvelles sont créées spontanément par la population. Ce qu’elle adopte dans la durée finit par être entériné officiellement. Le sens inverse fonctionne plus mal : les instances officielles ont beau décréter ce qu’il faut dire, cela reste lettre morte. C’est l’usage général qui tranche. C’est le signe d’une langue qui vit. Il ne faut donc rien figer définitivement. Sinon, on risque de creuser l’écart entre langue officielle et langue usuelle. On connaît déjà la fin de l'histoire : le roman, ancêtre du français, n'est rien d’autre que du latin de cuisine pratiqué usuellement par le peuple, à côté d’un latin savant figé dans les grimoires et parmi les élites. Mais tout est affaire de nuance : jusqu’où l’usage a-t-il raison ?

Langue pure/pervertie. Une langue pure n’existe pas. Le français est né à partir des influences latine, grecque, germanique, celte, espagnole, italienne, arabe, anglaise, etc. Sait-on que le vocabulaire anglais contient des milliers de mots d'origine française ? Les échanges, le dialogue enrichissent les peuples, y compris leurs langues. Rien de choquant aux emprunts sauf quand ils sont ridicules. Pourquoi utiliser un mot anglais quand l’équivalent français existe et est d’usage ?

Alors réformer ? Pas si simple mais nécessaire. Mais peut-être que la bonne question n’est pas là. Avant de réformer, sommes-nous d’accord sur ce qu’il faut enseigner ?
Commentaires
Parladure?
jeudi 26 mars 2009 à 23:08, par Jean-Pierre (Saint-Berthevin)

Entre nous, les amis, le problème, ce n’est pas une petite réforme pour simplifier l’orthographe, mais les anglicismes pénibles qui nous sont imposés.
Parlons anglais ou bien français, mais havre de grâce, ne mélangeons pas les deux pour former un charabia incompréhensible pour les non initiés.
Personnellement, je m’imaginais ouvrier alors que je suis Team Member !
Ok, c’est plus classe, mais bon, on frise le ridicule un rien précieux comme disait le camarade Jean-Baptiste !

Parladure de chez nous

Je ne suis pas un jeune muguet fendu de gueule
Qui s’exprime dans la langue à la mode qui trotte,
Ma parladure est pauvre et je me sens bien seul
Face à cette invasion d’anglicismes en botte.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

En mes vertes années je n’ai point fréquenté
Haute école du savoir et haut collège huppé,
Je n’ai connu qu’une cour, bien sur celle des miracles,
Où la médiocrité est portée au pinacle.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

Mes mérengeoises usées par des années d’labour
Déchiffrent péniblement et à fort rebelute,
Cette pourtant si belle langue parée de beaux atours,
Trop raffinée sans-doute pour mon cerveau de brute.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

Devant les anglicismes, comme tous gens mécaniques,
Je suis bien marmiteux, c’la dit sans polémique,
De vraiment rien entendre à ces si jolies stances,
De devoir me ventrouiller dans mon ignorance.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

Alors envoyons donc quérir un truchement
Pour traduire en françois cette confiture de prose,
Et me permettre enfin à moi triste ignorant
De comprendre ces sonnets et d’en être moins morose.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

Laissons donc au gautier la langue qu’il préfère !
Et chacun de discourir en sa chacunière
Le jargon de Shakespeare ou de La Boétie.
Cette affaire ne mérite pas le moindre chamaillis.

Clabauder en françois,
N’est point une honte en soi,
La belle langue de l’anglois
N’est point celle du roi.

Jean-Pierre

Nerzic
vendredi 27 mars 2009 à 17:56, par Fanch (moustéru)

Je suis d'accord surtout avec Jean-Pierre et Jean Huchet, surtout.

De la mode...
vendredi 27 mars 2009 à 19:51, par Jean-Denis Gauthier (Gahard)

...de la réforme. Puisque les langues vivent de leurs locuteurs, il va de soi qu'il ne faut pas les laisser faire et qu'il importe de réformer. C'est pas bientôt fini, la réformite ?

Pourquoi utiliser un mot anglais quand l’équivalent français existe ?
samedi 28 mars 2009 à 11:21, par Thierry GERARD (Chateaugiron et/ou Martigné-Ferchaud)

Salarié et employé dans une multinationale connue , je dois déplorer l'usage intensif de la langue de Shakespeare et qui chaque mois, chaque semaine et chaque jour est davantage utilisé. (même la revue de presse quotidienne est bilingue depuis 11 mois) On m'a objecté qu'étant devenu une multinationale, il était difficile d'utiliser le français pour communiquer. Ce qui est grave , c'est qu'à travers les organigrammes, les concepts, on nous "impose" de plus en plus la "pensée" et la façon anglo-saxonne de voir, regarder et traiter notre quotidien - au détriment de notre culture bien française, héritière et de la culture latine et de la culture grecque ( pour partie bien sûr car les différentes composantes de notre France ont apporté, enrichi notre histoire et notre vocabulaire).

De plus, je crois qu'il est très "tendance" de communiquer de cette façon (mélange anglais- français ). je le regrette .

Bonne fin de semaine (et non bon week-end :-)

nouvelle offensive contre la langue
samedi 28 mars 2009 à 14:14, par DELESSARD JEAN PAUL (SARZEAU)

Nouvelle offensive, une de plus, venue de je ne sais quelle coterie préconisant une simplification de l’orthographe de notre langue. Il y a quelques années déjà les mêmes, ou d’autres, avaient lancé le même sujet abondamment commenté alors par la presse. Ca me hérisse le poil... parce que cela s’inscrit dans cette tendance actuelle à la crétinisation, parce que cela tient du relâchement intellectuel généralisé et de la philosophie du moindre effort. Et cela pré-suppose que les élèves d’aujourd’hui sont beaucoup plus stupides que ceux d’hier et donc incapables de s’imprégner des mille subtilités de l’une des plus belles langues du monde. Et c’est oublier en passant que les réels efforts nécessaires à l’apprentissage de celle-ci sont autant de bienfaits pour la formation de l’esprit. On s’émerveille encore de la pertinence intellectuelle des générations précédentes formées à coups de baguette par des maîtres qui sacralisaient la langue française. Et l’on feint de croire que cette finesse d’esprit qu’on trouve chez certaines personnes âgées viendrait d’ailleurs que de cette exigence linguistique.
Voilà que les tenants de cette marotte redondante voudraient émasculer notre langue, et n’en plus faire qu’une sorte d’espéranto hexagonal, de jargon phonétique ! Autant décider de succomber une bonne fois pour toutes à l’anglais dont l’usage, notamment dans la publicité et le monde de l'entreprise, prend les allures d’une mode tellement affectée qu’elle en devient imbécile.

Réformer l'orthographe : oui !
dimanche 29 mars 2009 à 16:25, par Elisabeth ANNIC (Quimperlé)

Article fort intéressant ! Je suis pour ma part tout à fait favorable à une réforme de l'orthographe, mais je constate chaque jour la difficulté d'une telle entreprise car beaucoup de personnes réactionnaires sont très attachées à cette antiquité qu'est l'orthographe française ; une réforme a eu lieu en 1992 (?) qui permettait par exemple de supprimer le "s" de cent ou vingt dans les nombres : les élèves en sont-ils informés dans les écoles primaires ? De même, l'accent circonflexe sur les o ou i des noms ou adjectifs est facultatif : les professeurs des écoles écrivent-ils une boîte ou une boite ? Qui applique cette réforme ? On n'ose à peine le faire de crainte de passer pour incompétent. Réformer l'orthographe tout comme adopter de nouveaux mots est un vrai défit.
Je serais beaucoup plus avanguardiste, quant à moi, si cette réforme m'étais confiée : je prendrais exemple sur la langue de Cervantès qui, comme le français, est une langue romane et a depuis longtemps su adapter son orthographe (ortografía !) à sa prononciation : quelle simplicité ! quelle facilité d'apprentissage de la lecture et de l'écriture ! Elle n'en est pas moins riche ! Elle est même plus inventive et n'hésite pas à féminiser les noms de métiers ou de fonctions valorisantes (contrairement au français : qu'il est ridicule de voir ces plaques indiquant "madame X, avocat" imagine-t-on l'inverse : "monsieur X, infirmière" ? Par ailleurs, si l'espagnol adopte des mots étrangers, - beaucoup moins que le français du reste- ceux-ci s' orthographient à sa manière et cela simplifie la vie de tous les hispanophones qui savent très bien jouer au "fútbol" ou au "tenis". Pourquoi faut-il que nous soyions si compliqués au pays de Voltaire ? Allez, messieurs les Académiciens ! un peu d'audace, que diable !

Faut pas rêver!
lundi 30 mars 2009 à 08:28, par Thierry ANNE (Saint Malo)

Une reforme sérieuse de l'orthographe française est plus que necessaire.
Débarrassons-nous des exceptions, des consonnes inutiles, des règles obsolètes; qui se souvient des règles pour accorder le participe passé des verbes pronominaux?
Ne rêvons pas notre pays a toujours été conservateur, nous n'évoluons pas et ce n'est pas le vieillissement de la population qui arrangera les choses.
La réforme de l'orthographe jamais on ne la verra.

orthographe ou ortografe au choix!!!
lundi 30 mars 2009 à 15:42, par Daniel Jeanne (bayeux)

Beaucoup plus facile de réformer l'orthographe que d'en faire rentrer les règles dans la tête des paresseux.

RE-L'IMPOSSIBLE REFORME DE L'ORTHOGRAPHE
lundi 30 mars 2009 à 17:00, par CHAUMERY Françoise (Nantes)

Ayant déjà répondu au poème de Jean-Pierre je voudrais rajouter que, si cette réforme devait intervenir un jour, nous n'aurions plus qu'à nous mettre tous au charabia que s'échangent jeunes et.. moins jeunes sur Internet, portables, etc...eske vou mavé konpri !!!... je vous assure que lorsque vous recevez cette sorte de sms et que la langue française a disparu de leur vocabulaire, cela vous refroidit ! sur se sé petètre 7 avenir ke nou voulon ... bonne journée à la langue française et n'oublions pas que le latin est une langue déjà plus que morte... Alors !

C'est vrai
lundi 30 mars 2009 à 18:13, par Fanch Nerzic (mousteru)

Je suis d'accord qu'il ne faut pas rêver. Mais aussi avec Elisabeth et Jean Paul.

oui mais
lundi 30 mars 2009 à 18:15, par Fanch Nerzic (Moustéru)

ça dépend du côté qu'on se place; parce que autrement, ça change, forcément

A Elisabeth de Quimperlé
lundi 30 mars 2009 à 19:43, par Benoît Lebreton (nantes)

"avanguardiste", dites-vous ? Alors, j'espère qu'on ne vous confiera jamais la réforme de l'orthographe !

Ne pas confondre ...
lundi 30 mars 2009 à 20:46, par Jean-Denis Gauthier (Gahard)

... réactionnaire et conservateur. Il est sans doute plus agréable de réformer l'orthographe quand on ne maîtrise pas ce qu'elle transcrit.
Réformons donc l'orthographe selon cet excellent critère : supprimer les règles qui causent des fautes. L'enseignement de la chose y gagnera beaucoup, à enseigner ce que les élèves savent fort bien : écrire comme ils parlent.
C'est entendu, l'orthographe est la science des ânes, c'est un appareil arbitraire de fixation, de congélation, de pétrification de l'oral.
C'est cependant un modèle de choses tout aussi arbitraires que les élèves connaîtront : le droit, l'économie, etc.

Ah ! Zut ! Je n'ai pas réussi à placer un verbe pronominal au passé.

Au secours, la France meurt
mardi 31 mars 2009 à 02:08, par Claude Lemoine (Eréac)

Lamentable de la part d'un grand quotidien de poser la question d'une réforme du français à l'école. L'on veut fabriquer une société de cancres. Ecrire et parler, après marcher, ne sont-ils pas les premiers signes de la vitalité et de l'intégration de l'enfant dans la société dans laquelle il va évoluer ? L'apprentissage du français n'est-il pas l'un des premiers efforts dans la vie d'une personne ? L'un des principaux moyens de communiquer avec le monde qui l'entoure ? Mais où va-t-on si les professeurs ne veulent plus se donner la peine de faire apprendre aux citoyen de demain la langue de leur pays ? Quelle contradiction de vouloir réformer le français et de vouloir enseigner les langues régionales. Personnellement, j'ai appris à lire en lisant chaque jour " les aventures de Lariflette " à un temps ou notre quotidien savait encore mettre un peu d'humour en place et lieu de pages de publicité. Je ne suis pas un champion de français, mais à cinq ans je lisais courramment et ensuite, j'ai appris les préfixes. Celà ne m'a pas peut-être pas appris grand chose, mais je sais au moins ce que Télé veut dire, alors qu'aujourd'hui, à part la regarder et se servir de tous les " Télés", très peu de gens en connaissent la signification. Et en plus, le français m'a appris deux exigences qui manquent beaucoup aujourd'hui : le respect et la perfection. Pauvre France si l'on commence à brader son patrimoine parler et écrit. Si Louis xiv, Napoléon et le général De Gaulle avaient agi ainsi, la France n'aurait jamais été ce qu'elle est. Elle est pourtant belle " La langue de chez nous ", avec ses mots, ses phrases et sa ponctuation. De grâce, ne parlez pas de la réformer, mais d'accentuer son apprentissage et de la valoriser, afin que les générations futures gardent la qualité relationnelle que notre riche langue nous a permis au cours des siècles passés.
A bon entendeur, salut.

Ouest-France dans son rôle
mardi 31 mars 2009 à 09:13, par Jean Huchet (Ouest-France)
Je me permets une précision après le coup de griffe de Claude Lemoine. En effet, pourquoi serait-il "lamentable", pour rependre son adjectif, que le journal "pose la question d'une réforme du français à l'école" ? En l'occurrence, l'article en question, paru le 23 mars, n'avait pour but que de se faire l'écho des débats et des propos qui sont émis dans différentes sphères sur ce sujet. C'est la société qui est traversée par ce débat et le journal en est le témoin, pas l'instigateur. Tuer le messager ne fera pas disparaître le message ou la réalité dont il était le porteur. Jean Huchet.
Le rôle des médias
mardi 31 mars 2009 à 14:04, par Claude Lemoine (Eréac)

Je vous remercie Monsieur Huchet de votre réponse. Celle-ci montre l'intérêt que vous portez aux différentes réactions à vos articles. Bien sur que les médias doivent rapporter certains débats de société pour faire évoluer celle-ci. Par contre, sur des sujets ambigus et pas forcément évolutifs, comme vouloir réformer l'orthographe, ( tout le monde connaît les différences d'acquis entre le certificat d'études primaires de 1960 et le niveau du baccalauréat d'aujourd'hui ), Ouest-france, avec ses qualités de modérateur, n'avait pas besoin de mettre en évidence, par cinq colonnes à la une, un sujet aussi passionné et à mon point de vue, régréssif. Un article intérieur aurait suffit. Car ici, rentre en jeu le rôle de la presse dans la société. Sa déontologie et son autocensure. Mais ceci est un autre débat.
Bien cordialement

RE-L'IMPOSSIBLE REFORME DE L'ORTHOGRAPHE
mercredi 01 avril 2009 à 00:59, par CHAUMERY Françoise (Nantes)

Lorsque je vous lis tous avec vos débats contradictoires et c'est bien ainsi, je souhaite , comme beaucoup, une réforme du Français à l'école. Vous devez savoir que, déjà, dans les Collèges, la dictée n'est plus à l'ordre du jour ! Aussi assistons-nous à une véritable catastrophe annoncée. Qui en est responsable ? Nos enfants ne savent plus écrire, plus lire. Leurs parents veulent des résultats, mais des résultats de quoi.? D'accord, il existe des associations de parents d'élèves, des réunions parents-profs et que sais-je encore ! mais ils ne parlent pas de sujets tabous tels que : la dyslexie par exemple, qui devient de plus en plus monnaie courante ! d'accord , je vous arrête tout de suite : Einstein était dyslexique et tant d'autres célèbres... mais nos enfants seraient-ils les victimes d'une société qui se dit bien pensante et est incapable de résoudre une bonne fois pour toutes ses problèmes. Nous pensons Internet, vivons Internet, mangeons Internet et mourrons avec Internet, avec ou sans nos enfants. Je vous le demande. Qui est responsable de cette impossible réforme de l'orthographe ? Je rappelle que près de 40 % des élèves de fin du Primaire sont déjà en difficulté au moment de leur passage en 6ème et que seulement à peine 40 % d'entre eux suivrons sans difficulté. Rappelons aussi que, pour les rescapés débutant des études supérieures, la sélection dès la première année de DEUG ou équivalence se réduira à 50%. Nous fabriquerons des cancres plus intelligents, plus évolués, mais des cancres quand même!

bof bien inutile !
mercredi 01 avril 2009 à 12:42, par anne le provost (brest)

l'orthographe c'est comme tout : cela s'apprend sous réserve que le prof lui même la maîtrise et que les fautes soient pénalisantes dans tous les examens ! de plus si c'est pour aboutir a des aneries du style féminisation des noms de métier dès lors que c'est une femme qui exerce le dit métier ... cela devient non seulement inutile mais totalement inepte ! alors non on n'y touche pas et c'est beaucoup plus simple !

RE-L'IMPOSSIBLE REFORME DE L'ORTHOGRAPHE
mercredi 01 avril 2009 à 14:26, par CHAUMERY Françoise (Nantes)

erreur de frappe concernant la phrase (il fallait donc lire (et que seulement à peine 60% d'entre eux suivront sans difficulté) et non 40%.

Académique
mercredi 01 avril 2009 à 14:42, par Hoel Telo (YS)

"Quelle contradiction de vouloir réformer le français et de vouloir enseigner les langues régionales" Claude Lemoine
Quel rapport ?
Pourquoi certains défenseurs du français (d'un français de musée ?) se permettent-ils de faire preuve d'intolérance et de mépris vis-à-vis d'autres langues (sur le modèle de l'Académie française) ?

Bonjour les amis !
mercredi 01 avril 2009 à 15:27, par Jean-Pierre (Saint-Berthevin)

Bonjour les amis !

Ah l’orthographe déchaîne toujours autant de passion !
Bon, il bien avouer que dans les années soixante, l’enseignement de l’informatique en primaire était inexistant et il était impensable qu’un ouvrier puisse s’exprimer librement par écrit dans les médias.
Oui la nostalgie de cette époque m’agace un peu.
Nos grands-parents avaient leur vie, nos jeunes s’expriment différemment et puis voilà.
Et avec internet, on assiste au grand retour de l’écrit, ce qui est une bonne nouvelle, non.
Chacun y va de sa petite opinion sur la société avec ses politiques perturbés par une crise de foi en la finance.
Autrefois, la dictature de l’orthographe dressait une barrière féroce qui interdisait au cancre de base d’entrer dans les échanges inspirés des penseurs du haut de l’échelle.
Désormais, grâce à la toile magique, même les soudeurs de pot d’échappement interviennent dans le blog d’Ouest France !
Alors, je pose cette question aux intégristes de l’orthographe, l’important, est-ce l’emballage ou l’idée ?
Bon nombre de mes copains de taf à l’usine ont des idées géniales qu’ils expriment dans un français parfois approximatif.
En simplifiant les règles inutiles et les exceptions à vous refiler la migraine, on ne va pas mettre en péril la langue française.
Comparons les textes de François Villon à ceux de François Fillon et l’on est obligé d’admettre que notre parladure évolue et c’est tant mieux.
Alors, au lieu d’afficher un mépris à l’égard de nos jeunes en leur reprochant leur manque de culture, intéressons nous à ce qu’ils écrivent, c’est parfois étonnant.
Le slam, avec ou sans faute, donne l’envie de jouer avec les mots.
Oui, les amis, regardons cette société avec un œil curieux et bienveillant.
Louis Quatorze, Napoléon ont laissé de beaux monuments certes, mais aussi beaucoup de morts sur les champs de bataille.
De Gaulle était un rebelle et je suis quasiment certain qu’il apprécierait l’engagement déterminé de nos jeunes slameurs.
Alors oublions l’enseignement du français à coup de torgnoles et désacralisons l’écrit pour le rendre vivant.
L’écriture phonétique, c’est une plaisanterie de ma part, mais bon…

A bientôt et vive les écriveurs !
Ju’âne Pedro, cancre certifié iso 2009

"Et les fans"
mercredi 01 avril 2009 à 19:56, par René Marie (Sainte-Suzanne-sur-Vire)

Je suis tout à fait l'analyse de C. Lemoine (comme celle de J.-P. Delessard, et autres dont les remarques sont un complément). Oui, rien n'est possible sans un minimum d'efforts, comme celui nécessaire pour apprendre une langue régionale parallèlement au français. Il y aurait contradiction de ne pouvoir aussi dominer au moins les règles les plus élémentaires du français, cet aspect dont quelques volets seront ouverts plus loin étant beaucoup plus important que l'orthographe propre de chaque mot. La langue se meurt, respect et perfection allant à vau-l'eau. Et la ponctuation ?
Juste un désaccord. Que la question soit remise sur le tapis par un grand quotidien, je ne le considère point « lamentable », en dépit de voir son porte-parole plutôt enclin à une réforme. Cela permet aux défenseurs de la situation actuelle de parler aux partisans d'une grande simplification et peut-être de leur faire se poser quelques nouvelles question (aux uns, « Anciens », comme aux autres « Modernes » d'ailleurs).
Aucune complaisance bien sûr, ici, à l'égard d'Ouest-France qui connaît mes « coups de griffes » occasionnels, en général et à propos de la langue en particulier. Ce n'est pas sans mal que j'ai réussi du temps de M. S. Pillet, prédécesseur de M. J. Huchet, à faire rectifier l'orthographe de 3 villes du ''Dérouler'' de la page d'accueil du site Internet. Tout est très facile avec l'informatique et en même temps très compliqué (autant que l'orthographe) avec ses informaticiens pour rectifier un seul mot (comme c'est aussi le cas quand on s'adresse à France Télécom pour modifier le lieu-dit réellement attaché à un abonné).
Aujourd'hui dans l'édition de Saint-Lô (écrit maintenant sur le site selon l'usage), en p. 7, je lis encore et il n'est pas question d'orthographe : « l'atelier a été mis à jour et exploité par l'homme de Néanderthal ». Il serait bon de ne pas confondre la ''mise à jour'' de ses comptes ou... des règles de la langue avec la ''mise au jour'' de restes anciens. Cette erreur est bien souvent commise partout.
Alors, va-t-on demander là aussi une simplification ? comme on s'attaque à l'orthographe et aux grains de beauté de la langue. L'appauvrissement de la langue frappe tous azimuts. S'agissant du sujet qui nous préoccupe, c'est une véritable pagaille que l'on aurait pendant des décennies si l'on modifiait profondément ce qui existe. Supprimer les accents circonflexes ? Oui, E. Annic, « boite » (mot sec) vaut mieux que « boîte » puisqu'il ne se prononce pas comme « cloître », ce mot ne pouvant donc pas s'écrire « cloitre ». Il faut savoir que, y compris sans doute dans « cloître » (parole de non-spécialiste), les accents circonflexes ont remplacé la consonne « s », ce qui a donné « être » qui s'écrivait naguère « estre », dont la prononciation est allongée. Allons-y pour « évènement », qui se prononce comme avènement, au lieu de « événement » dont le 2d accent aigu officiellement employé n'est dû qu'à un manque de caractères « è » de l'imprimeur du dictionnaire de l'Académie en 1740, quand elle adopta l'accentuation généralisée de la langue écrite.
On s'inquiète de l'offensive SMS. Si elle ne concernait que l'échange bref par les ondes, comme des notes que l'on prend rapidement, je dirais qu'importe. Cela n'empêcherait pas en dehors de pratiquer un écrit respectueux de la langue, sinon proche de la perfection, mais correct.
Ce qu'il y a de crucial, le voici. On voit de plus en plus souvent des choses comme, et chez des gens qui sont à Bacc. ++ (exemple de phrase que l'on rencontre, bien que celle-ci n'ait pas été explicitement écrite) : « Le bout quai de trois tulipent et une roses l'essai dans la salle » (au fait que proposent les partisans des suppressions des doubles consonnes dans un cas comme celui du dernier mot écrit ? !). Les auteurs de pareilles fantaisies ne cumulent pas les 5 fautes dans la même phrase, mais il n'est pas rare qu'ils les accumulent avec d'autres, dans seulement 5 lignes d'écriture !!! Vous voulez « éléfant » ? On peut s'attendre à « et les fans » dans la vague actuelle. Des aînés de cette vague qui ont quitté l'école à 14 ans avec ou sans CEP, il y en a qui n'en reviennent pas (euphémisme).
Donc, le malaise est de beaucoup plus fort que celui lié seulement à la graphie des mots. Aucune réforme ne pourra être un recours pour ceux dont l'effort et l'attention ne constituent pas des exigences primordiales.
Après l'orthographe, on demanderait sans doute aussi d'engager une réforme du simple calcul pour ceux que la division ennuie, en l'absence de calculette. La division, voilà, c'est difficile et ringard, on la retranche des 4 opérations ! Comment faire ? On supprime la soustraction ! Et la vie est belle !
Encore un mot à dire, au moins sur l'usage de termes anglais (langue dont la pratique juste en parallèle est fort utile) dans des phrases en français. « Mode tellement affectée qu'elle en devient imbécile », j'ai lu. (Il y a effectivement une sorte d'imbécillité, qui pourrait être corrigée : pourquoi 1 ou 2 « l » dans ces 2 mots proches ? Mais il préférable de laisser le temps faire que de tout bousculer) C'était une parenthèse. Je voulais dire à l'auteur de la phrase que je n'irai pas jusque-là. Je dirai plutôt que l'on essaye dans certains cas de se rattraper de ses insuffisances par le snobisme.
P.S. Je revendique le droit d'avoir par étourderie peut-être fait défaut à l'orthographe, comme je l'accepte bien sûr chez tout le monde pour la même raison.

Les idées s'améliorent ...
mercredi 01 avril 2009 à 20:59, par Jean-Denis Gauthier (Gahard)

... le sens des mots y participent (slogan de mai 68).

Les derniers commentaires mettent en évidence une cause de la ferveur réformiste : l'usage abusif de l'orthographe comme moyen de sélection sociale. Cela fait belle lurette que des correcteurs luttent discrètement contre cet abus et ne pénalisent que marginalement les fautes d'orthographe, bien que dans un concours, un demi-point peut être éliminatoire.
Mais cette bonne cause l'est-elle vraiment ?
Est-ce l'abus qu'il faut réformer, éradiquer même, ou ce qu'il instrumentalise ? Mieux que Jean-Pierre, je connais des gens illettrés qui ont de bonnes idées et qui tiennent la dragée haute aux lettrés.
Encore faut-il l'être un peu, lettré, pour juger de l'utilité ou de l'inutilité d'une règle et Villon, bachelier, observait celles de son temps. Et quelle comparaison que celle de l'orthographe et des grands bouchers de l'Histoire ! Quels crimes a donc commis l'orthographe ?
Les conservateurs intelligents ont un principe simple : Tout ce qui ne mérite pas d'être détruit doit être conservé. L'orthographe mérite-t-elle la destruction ? Et la grammaire, car tant qu'on y est ...

PS pour Monsieur Telo : Où en sont les Gallois et les Irlandais de la réforme de leurs orthographes ?

l'orthographe et la citoyenneté
jeudi 02 avril 2009 à 16:16, par Catherine (Rennes)

Ce que je dis souvent à mes filles qui soupirent devant les difficultés de notre belle langue, c'est qu'une langue, c'est aussi une arme et que la maitriser, tant à l'écrit qu'à l'oral, cela sert à éviter de tomber dans le piège de certaines rhétoriques qui peuvent être dangereuses, tout en paraissant de prime abord très séduidantes. Je suis d'accord sur le fait que "La grammaire, la syntaxe obéissent à des règles logiques proches des mathématiques. " et je pense que cette logique forme l'esprit citoyen. Réformer l'orthographe, ne serait-ce pas prendre le risque d'aplanir cette logique jusqu'à rendre le propos ambigu ?

Pour un toilettage de notre orthographe
jeudi 02 avril 2009 à 18:51, par Claude NOGUES (Vildé-Guingalan)

Ancien instituteur, j'appartiens à la génération de ceux qui, chaque semaine, faisaient une leçon d'orthographe d'usage, une leçon d'orthographe grammaticale, une de conjugaison, une de grammaire ou deux et, en application, une dictée le samedi. La semaine de classe comptait alors 10 demi-journées et plus tard 9. Nous ne faisions pas d'informatique et l'anglais n'était pas abordé. Soyons donc réalistes et ne demandons pas aux élèves de 2009 d'avoir les mêmes connaissances en Français que leurs anciens de 1975 ! Et tenant compte des moyens actuels d'expression (sms, blogs...) qui se font dans la rapidité, il serait temps de procéder, avant qu'il ne soit trop tard, à un toilettage de notre chère orthographe, tout en faisant bien la distinction entre une faute grave et une "petite" faute. Ne pas décourager nos élèves devant l'ampleur de la tâche...

Les améliorations sont éphémères
jeudi 02 avril 2009 à 21:16, par Jean-Denis Gauthier (Gahard)

Si, comme le dit Catherine, la connaissance d'une langue permet de ne pas se faire avoir dans cette langue, elle ne l'évite pas toujours. Exemple : La grammaire, la syntaxe obéissent à des règles logiques proches des mathématiques. " Je me demande si les mathématiques auraient un sens sans une langue qui les exprime. Peut-être est-il plus prudent d'envisager que les règles mathématiques obéissent à une sorte de logique linguistique universelle.

D'autre part voilà un argument confondant en faveur d'un "toilettage" orthographique : les techniques modernes de communication l'exigeraient. Diantre, le chemin de fer et l'électricité n'en exigèrent pas tant. Sans doute est-ce une ironie dont l'histoire est coutumière. Que serait l'informatique sans la langue ?

Viendra-t-il à l'esprit qu'il y a une relation entre langue et culture ? Et qu'il y en a une entre grammaire et culture, et enfin, entre orthographe et culture ? Chaque langue est une conception du monde et il n'y a pas de langue sans grammaire.

Réformer grammaire et orthographe implique réformer une culture. Alors que perd-t-on dans une telle réforme ?

Grammatical
vendredi 03 avril 2009 à 00:52, par Hoel Telo (YS)

- "L’orthographe de beaucoup de mots ne se comprend qu’à la lumière de leurs racines grecques, latines ou germaniques.
- "La grammaire, la syntaxe obéissent à des règles logiques proches des mathématiques.
- "Le génie de cette langue repose sur ce socle.

Si la première affirmation est effectivement exacte, en revanche je ne comprends pas ce rapprochement entre la langue (s'agit-il de toutes les langues ou du français seul) et les mathématiques.
Je ne comprends pas non plus la troisième phrase, sur le génie de la langue (peut-être du fait que je n'ai pas compris la phrase précédente.).

"cette logique forme l'esprit citoyen."
Je ne sais pas ce qu'est l'esprit citoyen mais apprendre deux ou plusieurs langues forme davantage l'esprit (en tout cas l'esprit d'ouverture) que d'en apprendre une seule.
L'apprentissage de l'orthographe ne rend pas intelligent, à ma connaissance. Les règles de grammaire, c'est autre chose. La comparaison de grammaire de langues différentes, ça c'est intéressant.

ouest-france et l'orthographe ?
vendredi 03 avril 2009 à 08:07, par Akaïa (Lorient)

Le journal Ouest-France qui parle de la réforme de l'orthographe... ça me fait doucement rire. Je n'ai jamais lu un journal comportant autant de fautes dans sa rédaction ! A peu près tous les jours il est possible d'en trouver. Cela va de l'infinitif à la place du participe passé, de S oubliés en passant par le nouveau et très "tendance" "E" à la fin de tous les mots masculins: professeure, écrivaine, voire carrément "préfète" au mépris de toute règle grammaticale.

Pour en revenir au débat, il est long, douloureux, tant d'années de laisser-aller à rattraper... Je gère un forum de discussion, et lorsque le problème de l'orthographe y a été abordé (les messages devenaient carrément incompréhensibles...) les plus concernés mettaient en avant une immense fatalité: "j'y peux rien, j'suis nul en orthographe"...

Je ne vois qu'une solution: remettre la dictée au goût du jour dans les écoles et collèges.

J'ai vu plus haut que certains sont favorables à la politique du "laissons les écrire comme ils parlent". Quand on voit comment certains parlent, ça fait juste peur... Si chacun écrit comme il parle, plus personne ne se comprendra, parce que personne ne perçoit les sons de la même manière !!! Cette solution est une solution de simplicité, de fainéantise, qui revient à mettre un cataplasme sur une jambe de bois. Les règles d'orthographe et de grammaire n'ont pas été créées pour "embêter" le monde, mais bien pour que tout le monde puisse se comprendre !

Enfin, je terminerai par une vérité indiscutable selon moi: nous avons une langue merveilleuse, riche, un véritable patrimoine culturel qu'il nous faut conserver, plutôt que de s'acharner à vouloir le déformer ou à l'effacer au profit d'un anglais quelque peu approximatif...

Apprenons à parler Français avant de l'écrire
vendredi 03 avril 2009 à 22:34, par Jérôme RIALLAND (PARIS)

Né en 1972, je me souviens des dictées quotidiennes à l'école. Nous n'avons pas cependant appris directement le Français, mais la transcription du français dans l'écrit. Depuis longtemps les sons se confondent. Qui sait faire encore la différence de prononciation entre "un" indéfini et "un" ordinal ? Nous n'apprenons plus la précision des tournures grammaticales :"s'excuser pour" n'équivaut pas à "s'excuser de". Nos maîtres ont essayé de nous transmettre du vocabulaire. Beaucoup de collégiens apprenaient le latin. Cela nous permettait de lire Corneille ou Racine, à défaut des auteurs du XVIe siècle. Aujourd'hui, la plupart des lycéens ne l'ont pas fait. Dans quelques années, on ne sera plus capable de comprendre Victor Hugo sans dictionnaire. Le fait que Joachim du Bellay écrivait "d'avantage" au lieu de "davantage" ne me gène pas. Il existait une grande liberté pour orthographier le Français. On attendait du langage avant tout la précision de l'idée, ce qui passe parfois par l'orthographe, mais finalement assez peu. Passer deux fois plus de temps à apprendre les codes de transcriptions d'une langue plutôt que la langue elle-même, cela est bien triste.

Inspecteurs généraux
samedi 04 avril 2009 à 10:48, par Hoel Telo (YS)

"Il y avait les langues régionales, les parlers régionaux (appelés patois) qui sont encore pratiqués, en concurrence avec le français. "
Encore parlés, ... et combattus, bien que moins ouvertement et donc plus sournoisement, mais toujours efficacement.

On peut lire à ce sujet le dernier livre de Mona Ozouf, Composition française, et certains commentaires et extraits, comme ceux-ci :
bibliobs.nouvelobs.com/20...

Un autre article très instructif se trouve sur le site suivant :
taban.canalblog.com/archi...

intéressant en particulier parce qu'il décrit "l'idéologie linguistique" d'un certain homme politique, qui serait devenu selon certaines sources ministre, dans un ministère qui ne serait pas sans lien avec l'éducation :

"départements et territoires d’Outre-mer : là bas « il y une revendication politique extrêmement forte » [on s’en est aperçu, en effet !] : « Imaginez que vous disiez : en Guadeloupe, à partir de maintenant, on enseigne plus les langues créoles, vous repartiriez roulé dans le goudron et les plumes ! Nous sommes en face de quelque chose qui appartient à l’identité, à l’histoire, d’une manière tellement uniforme, unanime, qui organise tellement la pensée politique, l’idéologie locale, qu’il est hors de question d’y toucher » (p. 176). Donc, amis des langues de France – c’est le pouvoir même qui vous en fait la leçon – vous ne serez jamais entendu si vous ne politisez pas vos revendications ! "

« A l’heure de ce que nous appelons la globalisation, nous savons que nous vivrons dans plusieurs mondes culturels et dans plusieurs espaces politiques. L’universalisme moderne peut offrir une chance au local que le projet des Lumières, revisité par le jacobinisme et par l’Empire, avait renvoyé dans l’enfer du passéisme et du privé » (p. 102).

« Non ce n’est pas seulement la fatalité, sous son nom actuel de Modernité qui a amené son déclin, mais un processus historique bien précis, de nature politique, idéologique et aussi sociale » (p. 131).

Les deux derniers passages ne sont pas de la même personne !

Une langue sans exceptions et moins franglaise
samedi 04 avril 2009 à 20:45, par etienne maignen (Rennes)

La langue française comporte de nombreuses difficultés qu'on pourrait évacuer sans problème, exemple : prennent un x au pluriel bijou, caillou etc. On pourrait aussi, sans dommage, abandonner la règle d'accord du participe passé avec le complément direct placé avant le verbe : elle est inusitée en langage parlé et est en voie de disparaître dans la presse. écrite. D'autres simplifications ou uniformisations sont envisageables, tel le remplacement par un f du ph traduisant l'origine grecque - c'est le cas en italien.
Mais il faudrait surtout éviter l'emploi abusif et inadéquat de termes anglo-saxons, souvent mal utilisés d'ailleurs, au détriment de mots français existants : pour m'exprimer je n'ai pas besoin de e-mail, paper-board, news, live, one man show, packaging, talk show, pitch, primetime, showroom, top, cool, car-jacking , stock options, autant d'intrus introduits par les media qui ne devraient pas avoir droit de cité car ils nous écorchent les oreilles alors qu'un trésor de mots, français depuis des siècles, reste inemployé, fait de termes couchés dans les pages de nos dictionnaires, quand ils n'en sont pas expulsés pour faire place à des mots étrangers qui ne comblent pas des carences mais qu'on promeut aux lieu et place des nôtres, par paresse ou parce que c'est "tendance", tendance inepte...

Nihil novi sub sole
dimanche 05 avril 2009 à 17:52, par Bernard Merdrignac (Rennes)

Faut-il rappeler à certains des contributeurs de ce blog que l’anglais de Shakespeare ou le castillan de Cervantes sont des langues littéraires bien éloignées du niveau d’expression de leurs contemporains et n’ont donc de ce fait qu’un lointain rapport avec la question de la normalisation de l’orthographe ?
Nihil novi sub sole. Professeur d’histoire médiévale, lorsque j’entreprends de présenter les abréviations à mes étudiants en paléographie, il m’arrive (pédagogiquement ou démagogiquement, « that is the question », aurait dit Shakespeare) de prendre l’exemple des SMS. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Pour gagner de la place sur le parchemin qui coûtait fort cher, les copistes contractaient les mots, supprimaient des lettres, etc. (comme le font spontanément les auteurs de SMS pour économiser leur temps et leur argent) : au lecteur de restituer les formes correctes en déchiffrant le texte ! De même, depuis les Lumières, il est de bon ton de caricaturer le latin « macaronique » des prédicateurs médiévaux qui associaient les constructions latines et la langue vulgaire dans leurs préparations de sermons, comme l’anglo-américain se mélange au français dans les productions linguistiques des technico-commerciaux contemporains. Il s’agit toujours de gagner de temps et d’économiser le support : un même texte pouvait faire ainsi double emploi. Loin d’être incultes, les clercs étaient capables de restituer une version latine correcte à destination de leurs pairs et une version en langue vulgaire à l’usage de leurs ouailles. Contentons-nous d’espérer que leurs émules d’aujourd’hui soient capables de la même gymnastique intellectuelle.
Qu’en conclure ? L’orthographe grammaticale traduit l’intelligence – au sens propre – d’une langue ; l’orthographe d’usage française (qui se veut étymologique) témoigne de l’histoire de cette langue ; en ce sens, même les incohérences sont significatives, dans la mesure où elles attestent de l’état des connaissances philologiques à un moment donné de l’évolution du français. Réformer l’orthographe entrainerait donc forcément une déperdition d’information. C’est pourquoi celle-ci relève du patrimoine culturel ; il est indispensable de la préserver. Mais autre chose est la fonction de marqueur social qui lui est dévolue depuis le XIXe s. « Bienvenue au club », en quelque sorte, avec des sourires entendus, condescendants, méprisants… – rayez les mentions inutiles – pour ceux qui ne la respecteraient pas. En fait, dès lors que s’est généralisé l’accès à l’écrit, la maîtrise de l’orthographe était censée certifier le niveau d’étude d’un individu ; d’où sa valeur économique (et l’effort porté par les instituteurs sur son acquisition). Aujourd’hui, ce sont d’autres données qui font la différence sur le marché de l’emploi et je me suis laissé dire qu’il y aurait même des informaticiens affectant de commettre des fautes pour se démarquer des « littéraires » (et paraître davantage opérationnels). C’est le syndrome de la dictée de Mérimée : là où Metternich (ambassadeur d’Autriche) ne se permet que trois fautes, l’empereur Napoléon III peut s’en autoriser soixante-quinze et Eugénie (son épouse espagnole) soixante-deux !
Dès lors, tout est question de compétences et de respect de la langue. D’une part, il est inadmissible que des professionnels de l’écrit laissent passer des fautes (et soit dit en passant que la plupart des entreprises de presse ou des maisons d’éditions ne mettent plus de correcteurs à la disposition de leurs auteurs). En tant qu’enseignant, il me revient de les sanctionner, tout en prenant bien entendu en compte – éventuellement – d’autres facteurs d’évaluation. D’autre part, en ce domaine comme en bien d’autres aujourd’hui, la confusion entre vie privée et espace public devient intolérable. Des négligences d’orthographe dans une correspondance privée (par courrier, courriel ou SMS) expriment la familiarité avec le destinataire. Il ne viendra pas à l’idée de celui-ci de s’en offusquer : l’essentiel est ce que l’on a à se dire. Par contre, dans un texte destiné à la publication (c'est-à-dire accessible à un public plus ou moins large : du correcteur d’une copie aux lecteurs de ce blog), le manque d’orthographe traduit tout simplement une absence de respect, délibérée ou non, vis-à vis du lecteur. Faire l’effort de se relire (ou se faire relire), de se reporter au dictionnaire, de vérifier une règle d’accord, relève du savoir vivre puisque cela revient à consacrer au destinataire le temps qui est lui est du à partir du moment où l'on a éprouvé le besoin de s’adresser à lui par écrit !

Et l'intérêt de la langue ?
mardi 07 avril 2009 à 11:51, par guy (vannes)

Après la lecture de ces nombreux commentaires je m’interroge sur l’intérêt donné à la langue française. En effet, celle-ci doit être accessible à tous (nous ne possédons pas les mêmes capacités intellectuelles !) afin de se faire comprendre par tout le monde, sinon nous faisons de l’élitisme. Mais simplifier (en mettant en seul « n » ou « t », en supprimant le « ph ») ne veut pas dire supprimer tout de même une certaine rigueur et faire n’importe quoi en tirant vers le bas le niveau intellectuel de chacun. Selon moi, il faut, avant tout, rendre accessible notre langue à tous les Français, et ensuite, aux étrangers qui désirent l’apprendre. Plus une langue est accessible, plus il y a de monde à pouvoir la parler. C’est aussi un enjeu politico-économique ! Pour rectifier certains dires, les « élèves » français ne sont pas plus idiots que leurs ancêtres. Seulement, les contenus d’enseignement se sont étoffés (les différentes langues : anglais, espagnol, allemand…, l’informatique, les sciences, l’histoire qui continue de faire son chemin…). Nous demandons à nos jeunes d’être performants partout sans leur donner les moyens d’y arriver. Actuellement, pour avoir un bon français, il faudrait avant tout étudier son étymologie de manière à donner du sens à notre parler.

Compliments
mardi 07 avril 2009 à 14:45, par Jean-Denis Gauthier (Gahard)

Je fais mon compliment à Monsieur Maignen pour avoir si bien su éclairer les trois oppositions proposées par Monsieur Huchet. Du blogage (?) exemplaire.

Questions
vendredi 10 avril 2009 à 15:57, par claude capelle (saint étienne de montluc)

Bonjour Mr Huchet
J'ai été un de ceux qui cherchait à accéder au blog de Ouest France quand il ne fonctionnait plus. Maintenant qu'il fonctionne et je vous en félicite je n'en comprends pas son fonctionnement. J'ai du louper quelque chose. En effet sur le calendrier il est impossible d'accéder à la date du jour. Je m'y prends mal ! alors merci de m'expliquer. Et comment aborder un sujet qui n'est pas à l'ordre du jour ?
Je reste fidèle à ce genre de communication et vous félicite pour votre fair play. A vous lire
Cordialement

Enfin, c'est pas gagné non plus, qu'il dit Fanch'
vendredi 10 avril 2009 à 22:41, par Fanch Nerzic (Moustéru)

Oui bon! Tous les ceusses qui dégoisent ici sont pas des gens du peuple. Nouna! C'est t'y des compliqueus! Du moment que Fanch' comprend... El restant, c'est de la branlette!

Bug ?
lundi 13 avril 2009 à 19:20, par Jean Huchet (Ouest-France)
Réponse à Claude Capelle. Merci pour vos encouragements. Merci aussi d'attirer notre attention sur le calendrier dans la page d'accueil du blog. Il y a comme un défaut, semble-t-il. Un bug. Ce n'est pas vous avez loupé un épisode. J'en réfère à mes instances techniques. Quant à la question sur les sujets qui ne sont pas à l'ordre du jour, la réponse est plus complexe. Comme vous le savez, ce blog est celui de la rédaction et non une plateforme de blogs où les internautes peuvent créer leur propre sujet. C'est un choix d'Ouest-France. Il y a d'autres sites qui offrent ces plateformes. Néanmoins, si vous le souhaitez, adresser moi un mel avec votre proposition de sujet. S'il nous paraît susceptible d'intéresser l'auditoire, un cofnrère ou moi-même lancerons le débat, selon la pratique habituelle de ce blog.
Bravo Mr Huchet
lundi 13 avril 2009 à 20:52, par Claude Capelle (Saint Etienne de Montluc)

Merci Mr Huchet d'avoir répondu un lundi de Pâques. Bizarre le calendrier est à jour, certainement une coïncidence...Je ne veux pas aller plus loin dans la discussion. Simplement Mr Huchet une mise à jour de "temps en temps" me semble anormale et si personne ne vous l'a signalé d'après ce que vous dites sauf moi, je n'ose pas croire que le blog n'intéresse que peu de gens. Ceci dit je continuerai à regarder votre blog en espérant qu'il reflétera les messages de vos correspondants au jour le jour.
Bien cordialement et avec tous mes encouragements pour la suite

Pour de l'eau!
mercredi 15 avril 2009 à 22:52, par Fanch Nerzic (Moustéru)

Comme je dis: cessons! cessons! cessons! Car trois valent mieux que deux, surtout en ortographe!
Et ma! j'veux point qu'on attaque Huchet! Qui que v'zêtes, pour embêter mon Jean? Hein? Qui?!

Pas de lézard
lundi 20 avril 2009 à 10:13, par Jean Huchet (Ouest-France)
Ne nous perdons pas en fausses querelles. M. Fanch Nerzic, que je ne connais pas, m'apporte sympathiquement un soutien que j'apprécie d'autant plus qu'il est sans objet. Restons sereins. Il n'y a pas lieu de se mettre en rogne. Il n'est pas toujours facile de suivre les débats en temps réel mais on y arrive à peu près. M.Capelle est, me semble-t-il, sur la même longueur d'onde. Il n'y a donc pas de lézard, comme on dit. Continuons à échanger sur le fond. C'est intéressant.
Pour une ortograf du 21e siècle
lundi 20 avril 2009 à 18:43, par Gugenheim (Brech)

Nou croiyon qe le momen è venu d'écrir sinplemen çe q'on di, come lè-z èspagnol, italien, ... . Leur « ortografia » plu « fonética » qe la notre n'è pa çèl de barbar¨ èyan renié leur passé.

l'IMPOSSIBLE REFORME DE L'ORTHOGRAPHE
mardi 21 avril 2009 à 17:04, par CHAUMERY Françoise (Nantes)

Voici ce que pourrait être l'avenir de la poésie dans le sens littéral du terme. Citation d'ARAGON (Le Musée Grévin) : "J'écris dans ce pays ou l'on parque les hommes. Dans l'ordure et la soif, le silence et la faim..." ou "jécri dan se pè i ou lon parke lè zome. Dan lordur é la soaf, le silans é la fin.... et bien, je pense selon une citation de BERTOLD BRETCH que : "Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat a déjà perdu." Alors, je demande : faudra-t-il combattre pour défendre la Langue Française ? Qui peut donc mépriser la Langue Française au point de vouloir l'humilier de cette manière ? Je vous dis que le problème est insoluble. Alors, remettons donc à l'ordre du jour, dans les Collèges et Lycées cette fameuse dictée ! elle doit redevenir quotidienne. Avez-vous tous pensé à notre identité culturelle? notre identité française ! je répète : remettons au programme une bonne fois pour toutes cette fameuse dictée ! c'est la solution aux problèmes de notre jeune génération et nous le savons tous très bien...

Orthographe: voici venu le temps des réformes ratées
mardi 21 avril 2009 à 18:42, par louis rougnon glasson (morteau (doubs))

Orthographe, 2009: voici venu le temps des réformes ratées


A - L'audace de la réforme, mais c'est pour faire aboyer les roquets

Début 2009, après des lustres de silences assourdissants sur l'absurdité de l'orthographe française et sur ses dégâts, la perspective d'une vraie réforme vient à l'ordre du jour.
"Il faut absolument réformer l'orthographe", annonce un haut responsable de l'Education Nationale française, André Chervel dans le journal suisse "Le Matin Dimanche" du 4 janvier. Il fait écho au canadien Mario Périard, qui proclame depuis quatre ans "La révolusion de l'ortograf è komansé è èl se propaj a la vitès d'un virus".
Si l'on en juge par les résultats, le but de ces deux initiatives, c'est de déclencher un concert de protestations, pour bloquer un peu plus la situation.

B - Des propositions loufoques pour une même logique de l'échec

Aux meilleures idées, le projet de Mario Périard comme celui d'André Chervel associent les propositions les plus loufoques. Etant donné le niveau de réflexion où ils se trouvent, on a du mal de croire que ça puisse être innocent.
Par rapport à l'orthographe actuelle, ces dangereux réformateurs quittent la berge pour s'arrêter au milieu du gué. Les exemples d'orthographe simplifiée qu'ils proposent sont des hybrides non viables entre l'orthographe que nous connaissons et celle qui serait purement phonétique. Ils n'ont qu'une règle: celle de l'incohérence.
Dans son interview sur Le Matin Dimanche, André Chervel ne pipe pas un mot de l'orthographe grammaticale. Il est pourtant bien placé pour savoir que c'est uniquement à cause d'elle si l'apprentissage du français est deux fois plus compliqué que celui de l'anglais.
Quant au code proposé par Mario Périard, il a été conçu au départ à l'intention d'enfants déficients intellectuels. L'inventaire des sons qu'il prend en compte est encore plus pauvre que celui qui est fait au moyen de l'API, le fameux alphabet phonétique rébarbatif. Comme l'API, le code de Mario Périard ne fait pas la différence entre voyelles brèves et voyelles longues (u/ue; i/ie, ou/oue, etc.), comme l'API, il ne fait pas la différence et/ê (exemple: pet/paix). Pour faire pire que l'API, il ne fait pas la différence o/ô (exemples: pomme/paume, sot/seau).
Chervel et Périard ont tout de même - semble-t-il - entrevu une évidence: L'écriture phonétique rigoureuse d'un message contient exactement autant d'information que le même message énoncé oralement et ne peut donc absolument pas représenter un appauvrissement de la langue.
Mais une écriture phonétique fonctionne suivant la correspondance: une lettre par son, un son par lettre. Et là, nos intrépides réformateurs refusent d'emblée toute idée d'une possible actualisation de l'alphabet.
Sur un éventuel inventaire des sons qui devrait être défini en correspondance avec les lettres servant à rendre ces sons, Chervel et Périard semblent bien ne pas penser que ça puisse exister.

C - Pour la codification de la nouvelle orthographe, nos réformateurs va-t-en-guerre voudraient interdire l'utilisation de tout nouveau signe. Pendant ce temps, nos décideurs ont tout le loisir de faire du n'importe quoi en matière d'alphabet, les roquets restent silencieux.

Bizarrement, vers 1975, pour l'écriture phonétique du français, un alphabet phonétique particulièrement sordide, adopté honteusement, en catimini, n'a pas suscité la moindre protestation.
Cet alphabet est particulièrement rébarbatif parce que sur une quarantaine de lettres, on en trouve seulement une quinzaine dont l'usage soit conforme à nos habitudes. Pour environ la moitié de ses lettres, les graphismes sont originaux par rapport à ce qui nous est familier. D'autre part, il utilise la lettre y pour le son u, la lettre u pour le son ou, lettre e pour le son é, lettre o pour le son ô, etc.
Voir le tract intitulé: "Interdiction de l'API demandée pour nos écoles, lycées, collèges"
alrg.free.fr/ortograf-fr/...

D - Des incohérences cohérentes

Les propositions de Chervel et de Périard sont conformes avec les habitudes que nous pouvons connaitre chez le Mammouth: En matière de réformes, celui-ci a l'habitude d'avancer comme un âne qui recule.
Le travail de ces va-t-en guerre est calculé pour être contre-productif. Par leurs bons soins, l'idée de réforme devient un épouvantail pour le grand public.
Proposer des réformes ratées est en fait la seule marge de manoeuvre dont les défenseurs de l'orthographe puissent encore disposer. Tous leurs arguments traditionnels et toutes leurs techniques de manipulation ont été démolis par les conférences de Joseph Maire et par les tracts Ortograf-fr. Ils ont perdu à la fois toute autorité intellectuelle et toute autorité morale. Seule leur reste la possibilité de faire semblant d'adopter les thèses de l'adversaire pour essayer de les discréditer.
Naturellement, le projet proposé par Ortograf-fr est infiniment plus confortable, plus sûr et plus efficace que tout ce qu'ils pourront jamais inventer. Contactez nous pour des exposés.

Ortograf-fr  
Louis Rougnon Glasson , F-25500 Montlebon
tél: +(33)(0)3 81 67 43 64

Le café du commerce et l'orthographe.
mercredi 22 avril 2009 à 20:12, par Patrice D'Hervé (Fégréac)

On est trop habitué à vouloir réformer dans la précipitation ces temps- ci et les professeurs doivent s'habituer à regarder la TV pour savoir comment ils doivent travailler.
C'est un bilan qu'on peut faire sans aucune exagération de l'année scolaire qui s'échève bientôt.
Concernant l'orthographe, compte - tenu d'une certaine passion entretenue par ceux qui ont souvent la facilité de l'étude et la connaissance des mots, le débat est difficile à construire.
On oublie les études des linguistes pour ne retenir que le café du commerce qui transformerait bien vite un exercice d'évaluation, la dictée, en un remède miracle.
C'est dommage car il y a un juste milieu nécessaire entre les anathèmes lancés par quelques ayatollahs d'une religion de l'orthographe et la tolérance zéro qui aboutit parfois à une écriture incompréhensible.
Ce juste milieu est à trouver en accordant une juste place à cette partie de la connaissance de la langue qu'est l'orthographe et cela est possible à l'école en dehors de toute démesure. Le pire serait d'accorder une telle importance au code écrit qu'on oublierait qu'il est d'abord nécessaire d' utiliser à bon escient la langue pour communiquer, pour découvrir le monde et pour construire sa propre pensée.

Malheureusement, ceux qu'on oublie toujours dans ce débat, ce sont ces élèves qui doivent lutter au quotidien contre la multitude des difficultés orthographiques que la langue française recèle. Là aussi une juste évolution des choses serait bienvenue.
Il faut cependant constater que la réflexion le respect des professionnels, le dialogue ne sont pas les outils retenus pour construire la société de demain.

Clarifier le débat
lundi 15 juin 2009 à 22:45, par Robert WEBER (ABRESCHVILLER 57560)

Le débat récurrent sur la nécessité d'une réforme de l'orthographe rappelle assez la question du sexe des anges qui vit, si longtemps, tant de superbes théologiens s'affronter vainement. A la différence, pourtant, que le débat médiéval était sans grandes conséquences sur la société féodale, tandis que le nôtre est primordial pour notre société aujourd'hui.
Pour poursuivre, ici ,un débat dans lequel les partisans de la réforme ont avancé déjà tant d'arguments pertinents, il est indispensable d'y mettre un peu de methode.

1° Préciser les termes :

On ne peut pas réduire une langue à son écriture (orthographe). Il existe entre langue et orthographe le même rapport qu'entre une personne et son vêtement : Je ne change pas de nature à chaque changement de costume... On ne change pas la langue quand on modifie son écriture. On continue à la parler des mêmes façons au nord ou au sud, à l'est ou à l'ouest dans la métrole ou aux outremers. Sa structure demeure inchangée.
L'écriture n'est qu'un ensemble de conventions arrêtées à un moment donné de l'histoire d'une langue. Toutes les langues ont été amenées à réviser leurs conventions d'écriture. La langue française comme les autres. L'édition de 1835 du dictionnaire de l'Académie rectifiait une entrée du lexique sur deux, soit près de 20 000 entrées. Ces précédents devraient rassurer des opposants qui se croyant fidèles à un français éternel ne sont attachés, de fait, qu'aux réformes du siècle précédent ; et les convaincre en toute logique que ce qui a été légitime hier devrait pouvoir l'être aujourd'hui encore.
Quelques arguments de bon sens devraient aussi aider à démontrer l'utilité, l'opportunité d'une révision du système :
- Les nécessités de la communication imposent, plus que jamais, aux hommes de disposer du moyen d'écrire leur langue. Or, les dictées de Pivot ont montré que, certaines années, il n'y avait pas, dans le monde, un seul scripteur capable de maitriser le système d'écriture du français. Curieux instrument de communication de masse qui ne serait utilisable que par les seuls virtuoses ! Une écriture aussi pratique qu' un marteau sans ... manche ? Pour quel résultat concret ? Grammaires et dictionnaires présenteraient une fiction de langue écrite, tandis que la réalité du paysage graphiques linguistique se dissimulerait dans les textes lourdement fautifs du peuple des écrivants. (Fiction contre réalité, la crise financière internationale vient de nous montrer à quelles catastrophes cela conduit !)

2°) Evaluer les enjeux :

A quoi sert-il d'établir un système d'une précision telle que sa complexité empêche les usagers courants d'en user et les laisse incapables d'écrire ce qu'ils savent pourtant formuler de vive voix ? Quel intérêt une nation a-t-elle de s'imposer une telle infirmité et se vouer à l'impuissance ?
Il est pourtant démontré, qu'en France, aujourd'hui :
- la maitrise de la lecture et de l'écriture conditionne la réussite scolaire,
- la réussite scolaire conditionne l'orientation des élèves,
- l'orientation des élèves conditionne la mise en place des compétences personnelles et professionnelles,
- ces compétences conditionnent l'employabilité des personnes,
- l'employabilité conditionne la compétitivité des entreprises,
- la compétitivité des entreprises conditionnent la conquête des marchés,
- les parts de marché d'un pays conditionnent son produit national brut ...
- Lequel conditionne tout le reste : culture, soins, niveau de vie, etc.
L'efficacité de cette suite de causes et de conséquences est formellement démontrée par les rapports les plus récents et les plus pertinents (Rapport Attali, Rapport PISA ...) sans que l'on ne s'en émeuve le moins du monde. L'opinion française est capable de se mobiliser (à bon droit sans doute) contre les particularités culturelles de certains pays, mais reste indifférente à celles qui, chez elle, entraînent les plus graves mutilations de son peuple. Elle reste sourde aussi aux malheurs de centaines de milliers d'enfants qui, chaque année, " vivent (la scolarité obligatoire), dès les premiers mois , comme un véritable traumatisme, régressent, dorment mal, et lleur angoisse provoque une inhibition relationnelle et intellectuelle qui les place d'emblée parmi les mauvaises performances scolaires. Humiliés par l'école, ils se mettent à la détester et développent souvent des comportement hostiles" (Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, dite Commission Attali, décembre 2007, p.25)
Il nous faut bien constater que la logique, qui faisait accepter à la nation entière les pantalons garance (rouges) des fantassins de 14 est toujours à l'oeuvre dans notre beau pays, on l'a revue derrière la Ligne Maginot, sur les routes meurtrières, les frontières de Tchernobyl, elle s'étale sans vergogne ici, malgré les travaux de Max WEBER (1906), malgré le livre alarme d'Alain PEYREFITTE, (1976).
Sans ces inutiles complexités de notre écriture, le français qui était première langue diplomatique, langue de l'église universlle, langue des élites et de la culture, langue des révolutions et des libérations ... le serait resté et nous n'aurions, en ce moment, ni le problème récurrent des écoles, collèges, lycées, ni celui des universités ni beaucoup d'autres que l'on semble régler à pile ou face dans tous les domaines de la vie civique économique. . .

Le"Delenda Carthago" de notre redressement national est basique et peu onéreux. Qui le comprendra ? Qui comprendra que pour former le citoyen et l'agent économique de notre temps, il faut réformer (profondément) l'orthographe du français car elle empêche les élèves d'apprendre à lire et à écrire, met leur sens logique en déroute, anihile la confiance en soi nécessaire à toute réussite, les déstabilise, infantilise le peuple, génération après génération, entrave la marche de la France.
Ce n'est ni la faute à Rousseau ni la faute à Dolto (Monde Pédag. nov. 2008) . . .
C'est la faute à l'ortho !

Il faut réformer l'orthographe !

Les linguistes sauront le faire.

A partir du 20/06/09 : Forum : lafautalortho.free.fr

lamentable
lundi 31 août 2009 à 03:09, par simon aguirre (clichy 92110)

A lire tous les articles des réacs (remettons la dictée à l'ordre du jour, sanctionnons les fautes d'orthographe, il n'y a que ça de vrai!), je me dis que vraiment la réforme n'aboutira jamais.
De plus tous ceux qui prennent leur belle plume pour écrire un post dans lequel ils font l'amalgamme entre l'écriture SMS et la réforme de l'orthographe, je leur dit: vous êtes hors sujet les gars, mais alors complètement à côté de la plaque.
Aujourd'hui, l'orthographe telle qu'elle est, est un frein à la diffusion du français dans le monde, à l'étranger, chez les jeunes.
Le français est devenu une langue élitiste, que seuls les érudits parviennent à écrire correctement
De mon côté, je ne sanctionne que les fautes d'orthographe que j'estime sanctionnables auprès de mes élèves. C'est ma réforme à moi

Un débat qui me passionne!
samedi 31 octobre 2009 à 15:33, par Jean-claude Proutière (Sceaux d'Anjou (49330))

Voilà un débat qui me passionne...Prof de lettres en Lycée Professionnel pendant près de 40 ans, j'ai toujours enseigné à des jeunes en difficulté, et il a fallu que je trouve des solutions...J'ai des expériences, j'ai commencé à en parler sur mon blog...
Je suis aujourd'hui retraité, et j'essaie de transmettre ces expériences...

La dictée...
samedi 31 octobre 2009 à 18:44, par Jean-Claude Proutière (Sceaux d'Anjou (49330))

La dictée…
La dictée est un exercice inutile, faussé, souvent sadique, confortable pour tous :
Confortable pour le nul en orthographe : il aura 0 /20, il est habitué, et il en ricane bien souvent !
Confortable pour le bon en orthographe, il aura 15 ou 20, il est habitué et s’en réjouit !
Confortable pour le prof :
Il suffit de choisir un texte…
La correction est facile et rapide…
Mais on oublie le pourcentage d’erreurs lors de la correction !...pourcentage non négligeable !
Souvent « sadique » : en choisissant le texte, on vise certaines difficultés !
Faussé : tous les individus de la classe ne partent pas avec les mêmes chances, et le prof le sait !...et il y a ce fichu pourcentage d’erreurs à la correction !
Inutile : qui aura appris quelque chose ? Qui aura compris quelque chose ?
Mais j’ai lu aussi une référence à la dictée de Bernard Pivot… Il s’agit là d’un jeu pour « bêtes à concours » !
Quant à une réforme totale de la langue, attention ! On est à la Toussaint : qu’on ne nous fasse pas écrire « crisantème » (qui ne signifie rien !) à la place de « chrysanthème » qui désigne la fleur d’or !...
Si l’orthographe pose des problèmes, il y a des raisons, et des solutions aussi !

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