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J.G. Ballard

Écrivain de l'urbanité violente et des traumas modernes, J.G. BALLARD n'a jamais connu ce qu'on appelle un grand succès populaire.
Mais son oeuvre est la première à avoir
débusqué la cruauté intrinsèque
de la civilisation de l'argent et de la voiture.

Crash !

Vaughan est mort hier dans son dernier accident. Le temps que dura notre amitié, il avait répété sa mort en de multiples collisions, mais celle-là fut la seule vraie. Lancée vers la limousine de l'actrice, sa voiture a franchi le garde-corps du toboggan de l'aéroport de Londres et plongé à travers le toit d'un car rempli de voyageurs.

Les corps broyés en grappes des touristes, comme une hémorragie du soleil, étaient toujours plaqués sur les sièges de vinyle lorsque je me suis frayé un chemin parmi les techniciens de la police, une heure plus tard.

Cramponnée au bras de son chauffeur, l'actrice Elizabeth Taylor, avec qui Vaughan avait depuis tant de mois rêvé de mourir, se tenait à l'écart, sous les feux tournants de l'ambulance...

Vaughan rêvait sans fin à la mort de gens célèbres, concevait pour eux des accidents imaginaires. Il avait tissé autour de James

Dean et d'Albert Camus, de Jayne Mansfield et de John Kennedy, un réseau de variations complexes. A chacun, il réservait une automort optimale...

Ainsi débute Crash ! un roman apocalyptique d'aujourd'hui. L'automobile satisfait tous nos désirs de vitesse, de puissance et d'agression : c'est l'instrument de notre vie érotique future.

J.-G. Ballard dénonce cette menaçante union du sexe et de la technologie et déchire le voile d'irréalité dont se pare une société acharnée à célébrer les noces rouges de la chair et du métal.

I.G.H.

I.G.H. décrit la rapide dégradation de la vie dans un immeuble de mille appartements répartis sur quarante étages. La population apparemment homogène de ces logements coûteux ne va pas tarder à se scinder en clans.

À mesure que les querelles entre voisins dégénèrent en guerres tribales, Ballard, d'un appartement à l'autre, décrit l'éventail de possibilités que l'existence dans ces cellules capitonnées d'un genre inédit offre à ses hôtes aliénés. La lutte des classes, ici, est réglée par la topographie et ce récit, qui commence dans le pétillement du Champagne, s'achèvera dans le sang.

Après Crash ! ce roman-catastrophe constitue une nouvelle pièce à verser au dossier de la psychopathologie de la vie quotidienne dans les sociétés industrielles.

Cauchemar à quatre dimensions
The four dimensional nightmare

- Un sommeil irrésistible nous obligera à mener une vie moribonde ; nous dormirons de plus en plus jusqu'à la fin... du monde.

- Plus de Collas, plus de diva : l'invention de la musique ultrasonique a tué la voix humaine.

- C'est aux cerveaux électroniques que nous devons tous nos poèmes. Méfiez-vous des humains qui osent composer " à la main ".

Du récit scientifique, aux contes poétiques et d'anticipation humoristique, six nouvelles qui ont le charme troublant d'un " il était une fois " pour adultes.

La foire aux atrocités
The Atrocity Exhibition

À cette époque, lorsqu'il asseyait à l'arrière de la Pontiac, Travis était préoccupé par la distance qui le séparait des manifestations de l'existence qu'il avait acceptée depuis longtemps.

Sa femme ; les malades de l'hôpital (agents de la résistance au cours d'une Guerre Mondiale qu'il espérait bien parvenir à déclencher), sa liaison encore embryonnaire avec Catherine Austin - tout cela devenait aussi fragmentaire que les images d'Elizabeth Taylor et de Sigmund Freud sur les panneaux publicitaires, tout aussi irréel que la guerre du Vietnam recommencée par les producteurs de films.

À mesure qu'il s'enfonçait dans sa psychose, découverte au cours de l'année passée à l'hôpital, il accueillait complaisamment ce voyage en terre familière dans des zones crépusculaires.

Liens :
James Graham Ballard sur wikipedia
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