Equation à une inconnue

Le jour où je fus mort, enfin
Celles qui m'ont aimé m'offrirent un grand festin,

Une Cène orgiaque pour mon dernier voyage.
Nous étions treize à table, mauvais présage

L'un de nous, forcément
Fera l'affiche, à l'enterrement.

Ce fut moi, comme il se doit,
A tous nos jeux, elles me dirent si maladroit.

La débauche fut gigantesque.
Toutes mes femmes moururent... ou presque.
                                           ( de profundis )

Au pas lent d'un vieux cheval
Je fus emporté par les violons de mon dernier bal.

Un cailloux sur le chemin roula.
Son sang ne fit qu'un tour, rna dépouille se retourna.

Elle était là, seule pour m'accompagner.
Encore jolie, quoique bien fatiguée.

Je la pris par la main,
Nous fîmes ensemble le reste du chemin.

 

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in Ébauches singulières © Jean Pierre Mauduy