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HISTOIRE
DU MONUMENT
AUX MORTS
DE GENTIOUX

Ce monument est à l'initiative de Jules COUTAUD, maire S.F.I.O. de Gentioux, ancien combattant, et de son Conseil municipal qui, en 1920, ont constitué, avec les anciens combattants de la commune, un comité d'érection du monument aux morts pour honorer la mémoire de leurs enfants disparus.

Survivants de la guerre 1914-1918, ils ont refusé les formules traditionnelles et hypocrites telles que « MORTS POUR LA FRANCE » ou « TOMBÉS AU CHAMP D'HONNEUR », comme si les malheureux avaient pu choisir.

Le sujet représente un orphelin de fonte bronzée. Il est revêtu d'une blouse, il a des sabots aux pieds, une casquette à une main et il lève le poing en signe de révolte en montrant l'inscription : « MAUDITE SOIT LA GUERRE » placée sous la liste des morts de la commune.

Cinquante-huit noms de jeunes gens sont inscrits sur la stèle. Pour la petite commune de Gentioux, c'est une véritable hécatombe.

Les autorités civiles et militaires ont boycotté ostensiblement ce monument, le considérant sacrilège, il n'y a pas eu de détachement militaire aux cérémonies commémoratives de l'Armistice. Et le monument aux morts de Gentioux n'a toujours pas été reconnu et encore moins inauguré officiellement par l'État français. Il a juste été inscrit, au début de 1990, au titre des lieux de mémoire.

LES CONSÉQUENCES
DE LA GUERRE DE 1914-1918

En 1918, la France sortait de la guerre épuisée et ruinée par une longue et coûteuse occupation de son territoire, par de très lourdes pertes en vies humaines (près de 2 millions d'hommes sur 39 millions d'habitants), des destructions considérables, des sols dévastés, des dommages très importants.

Le Traité de Versailles, en 1919, constitua dans l'improvisation de nouveaux Etats où les différentes ethnies s'imbriquaient dangereusement au mépris du principe des nationalités et l'autonomie des minorités n'était pas assurée.

LA BATAILLE DE VERDUN -1916

Racontée par le soldat Louis GILLET (Un type d'officier français, Louis de CLERMONT-TONNERRE, Commandant de Zouaves - PERRIN, 1919) :

« A Verdun, une division, dans l'espace d'une relève, laisse en moyenne 4000 hommes. La terre elle-même change de forme : les collines sous les coups de rabot des obus, perdent leur relief, leurs contours. Le paysage prend cet aspect monstrueux, jamais vu, cet aspect de néant, cette apparence croulante de fourmilière et de sciure, où des échardes, des fétus, des débris de choses mêlés comme de la paille dans du mauvais pain, rappellent qu'il y a eu des bois, des fusils, des brancards, on ne sait quoi de concassé, là. On ne vit plus, on ne mange plus, on range les morts sur le parapet, on ne ramasse plus les blessés. On attend le moment fatal dans une sorte de stupeur, dans un tressaillement de tremblement de terre, au milieu du vacarme dément. Toute l'armée française a passé par cette épreuve. »

LA BARBARIE DE LA GUERRE

Et comme si les hommes n'avaient pas retenu la leçon de sagesse des survivants de 1918 : « Plus jamais ça ! », la Seconde guerre mondiale fera se déchaîner à nouveau la barbarie.

La Région Limousin a payé un lourd tribut pour la libération du pays occupé par les nazis.

C'est l'action héroïque de la Résistance, c'est le génocide de la déportation, c'est le martyre de la population civile pris en otage :

- 8 juin 1944 : le Maquis se rend maître de Tulle mais, dès le lendemain, les troupes allemandes reprennent la ville : 99 habitants sont pendus dans les rues.

- 10 juin 1944 : Oradour-sur-Glane. Ce jour-là, la population innocente du village, dont les 247 enfants des écoles conduits par leurs maîtres, est massacrée délibérément par 160 SS de la division Das Reich qui remontait vers le front de Normandie, quatre jours après le débarquement allié.

À l'initiative des LIBRES PENSEURS DU LIMOUSIN, une association a été créée en 1990, le :

Comité Laïque des Amis
du
Monument aux Morts
de
Gentioux

II a pour objet de combattre la guerre, d'honorer la mémoire de tous ceux qui en ont été les victimes et de promouvoir la fraternité entre les peuples.
Le comité, fidèle à ses principes pacifistes, suppose à la guerre et à tout militarisme.

« On croît mourir pour la patrie,
on meurt pour les industriels, »
Anatole FRANCE

En 1994, le comité a adhéré à la Fédération nationale laïque des associations des amis des monuments pacifistes, républicains et anticléricaux, laquelle regroupe des « associations qui se sont constituées pour appeler, à l'occasion de commémorations a événements passés, les citoyennes et les citoyens à se mobiliser contre les fauteurs de guerre et les fossoyeurs de la laïcité et des libertés a aujourd'hui,
Cette fédération coordonne les efforts de chacune de ses composantes pour faire avancer les idéaux communs de Paix, de Liberté, de République et de Laïcité dont les monuments qu'elles honorent constituent les symboles »,
À l'heure où le nouvel ordre mondial, imposé par Washington et le F.M.I. avec le soutien des gouvernements occidentaux, se met en place à coups de canons, de frappes aériennes et de massacres de populations civiles, le COMITÉ LAÏQUE DES AMIS DU MONUMENT AUX MORTS DE GENTIOUX invite les pacifistes à se rassembler autour du monument tous les 11 Novembre pour manifester leur attachement à la paix et à la fraternité entre les peuples.

À douze kilomètres de Gentioux, au cimetière de Royère-de-Vassivière se trouve la tombe de Félix BAUDY, maçon creusois, syndicaliste, fusillé pour l'exemple le 20 avril 1915 sur le front à Flirey. Une plaque de marbre blanc déposée là par ses camarades du syndicat des maçons de Lyon proclame : « Les maçons et aides de Lyon et banlieue, à leur ami BAUDY, fusillé innocent le 20 avril 1915 à Flirey. Maudite soit la guerre, maudits soient ses bourreaux. BAUDY n'est pas un lâche mais un martyr ».

L'exécution de Félix BAUDY et de trois autres de ses camarades de régiment fut la réponse du commandement au fait que la troupe avait refusé d'exécuter un ordre criminel : pour poursuivre l'ignoble boucherie, la hiérarchie militaire et le pouvoir politique instauraient le régime de la terreur. Le procédé sera utilisé durant tout le conflit et notamment en 1917 pour mater les mutineries consécutives à la meurtrière aventure du « chemin des dames ».

Tous les ans, le comité laïque des amis du monument aux morts de GENTIOUX rend hommage à Félix BAUDY en venant déposer une gerbe sur sa tombe à l'occasion du rassemblement pacifiste annuel du 11 novembre à GENTIOUX.

Passants, n'oubliez pas le sacrifice de ces hommes courageux, n'oubliez pas que le militarisme n'est pas mort.

Liens :
Maudite soit la guerre : Le monument de Gentioux
Fac-similé du dépliant du CLAMMG

Wikipedia : Monuments aux morts pacifistes