rocbo menu
4 - Nous décroissons !
Un supplément culturel dans CREUSE-CITRON n'a rien de surprenant quand on connaît les accointances du mouvement libertaire avec le milieu artistique. La référence dans le genre est la revue "Les Temps nouveaux" de Jean Grave au début du vingtième siècle avec son fameux supplément littéraire. Celui-ci accueillit nombre d'artistes célèbres, peintres (Pissarro...), écrivains (Mirbeau...), photographes (Nadar...), paroliers...

Bonjour, Florian. Tu nous a proposé celle BD au moment du festival de la BD indépendante. Pourrais-tu nous parler un peu de ta collaboration avec le dessinateur Mattt Konture ?

Ma première rencontre avec Mattt, c'était au festival Explosion du zine à Mix art Myris à Toulouse en 2002. Il faisait son répertoire solo musique, et nous, à Freyssinous, on cherchait des groupes pour le festival qu'on organisait. Il est donc venu jouer et nous avons sympathisé. Plus tard, je lui ai lu les histoires quej'écrivais, ça lui a plu, et faire autre chose que de l'autobiographie l'intéressait.

Combien avez-vous fait d'albums ensemble ?

Aucun, on avance tranquillement sur des histoires qui parlent de sujets politiques ou autres. Un album devrait sortir cette année.

Et donc. celle que tu nous as proposée, c 'est une de celles-là ?

Oui, sur la décroissance.

Personnellement, que penses-tu de cette philosophie ?

C'est une bonne philosophie qui remet en cause le cercle infernal de notre société : aliénation du travail, n'exister qu'à travers la consommation... Travailler, consommer, crever, ce que nous propose le gouvernement actuel. La décroissance permet de remettre tout ça en cause, après, il faut faire attention à ne pas tomber dans un truc de confession, de justification ou de pureté de l'individu que peuvent entraîner les dérives de cette philosophie.

As-tu écris des scénarios pour des livres ou autre ?

Non. J'ai écrit quelques textes pour les groupes dans lesquels j'ai joué. Des histoires, j'en écris depuis un moment et en voyant le résultat avec Mattt, je me dis que c'est sous cette forme (la BD) que ça colle. Actuellement, je travaille sur un plus gros projet de BD historique sur l'histoire des Russes en France entre

1915, leur mutinerie au camp de La Courtine en 1917 et leur retour en Russie en 1920.

Dans quel cadre seront publiées ces histoires ?

Ça sort dans des fanzines à droite à gauche : dans un fanzine en Belgique, dans Crusty comix, dans ÎPNS et dans Creuse-Citron.

Je crois savoir que tu t'intéresses aussi au domaine musical. Peux-tu nous en dire un petit mot soit en général, soit sur la région ?

On organise des concerts au Villard (à côté de Royère) dans un esprit "Do It Yourself, souvent avec des groupes engagés, une entrée à prix libre ou pas chère. Il y a aussi le projet de l'Orchestre Disharmonique du Plateau de Millevaches qui avance lui aussi de manière décroissante !

Peux-tu nous dire un mot sur les nouveaux modes de communication par le biais d'Internet ?

Oui, je l'utilise pour mon courrier, pour répondre à cette interview ! Par contre, je trouve que beaucoup de personnes sont complètement dépendantes de cet outil. Au niveau musical, c'est intéressant pour faire partager ses morceaux. En revanche, je suis contre le business fait par Murdoch qui possède Myspace. Il possède toutes les chaînes pro Bush aux USA d'obédience ultra catho. Les groupes ne doivent pas cautionner des sites comme celui-là.

Toute personne ayant de la documentation concernant la mutinerie de La Courtine en 1917 (photos, lettres, cartes postales...) peut prendre contact avec le journal, Nous les remercions vivement d'avance.
A l'origine des journées éditions et BD indépendantes, il y a la jeune association Emile a une vache, à Royère de Vassivière, qui a dit : on est là pour faire se rencontrer des gens d'ici et des gens d'ailleurs qui font des trucs bien ici et ailleurs. L'envie de faire connaître au public creusois le travail d'auteurs pas forcément connus, mais doués, et édités par des maisons d'édition indépendantes (tendance Do It Yourself plutôt que production industrielle). Et, vice-versa, de faire découvrir à ces auteurs, plutôt urbains en général, le mode de vie et les gens du Plateau de Millevaches.

La première année (2005), on a invité pendant un week-end des artistes qu'on connaissait, venus des quatre coins de France, et on a rameuté du monde pour venir les von", eux et leurs livres. Nous avons été enthousiasmés par la curiosité mutuelle que ces deux jours avaient suscitée.

Il n'en fallait pas. plus pour qu'on continue, avec une équipe étoffée, et en invitant plus d'auteurs qu'on ne connaissait pas personnellement, niais dont on avait envie de montrer le travail. Pour sortir du cadre traditionnel des festivals qui mettent les artistes d'un côté et le public de l'autre, on a multiplié les occasions de rencontres avec des projets qui mêlaient les deux : un livre collectif fabriqué sur place "ma petite cuisine", décliné chaque année depuis), puis des résidences, un repas, etc. On a aussi programmé des expos, des conférences, des ateliers ailleurs qu'à Royère : Faux-la-montagne, Eymoutiers, St-Julien-le-Petit...

En 2006, nous avons tenté l'aventure d'un festival sur dix jours avec une douzaine d'auteurs en résidence chez l'habitant... C'était géniat mais épuisant. Tout le monde semblait content du résultat (auteurs, hébergeurs, public...). Ou s'est bien amusés malgré le bazar que c'était parfois.

On a repris en 2007 la recette de 2006, en mieux organisé (avec un salarié). Les auteurs en résidence ont réalisé des pages superbes. Côté public, il sembie que le bouche à oreille fonctionne bien, notamment avec le système des résidences et des interventions d'auteurs dans les écoles, On rêve encore d'un public plus large (il est archi faux de croire que l'édition et la BD indépendantes sont réservées à un public de connaisseurs). Le festival s'est encore plus ballade sur le territoire (jusqu'à Bourganeuf cette année).

On risque fort de remettre ça l'an prochain. Mais la réussite de ces 4èmes rencontres nous fait presque peur : on n'a pas envie de ronronner, alors on va changer des trucs. Il va falloir relancer la machine, et à ce propos, on ne crache pas sur des coups de main.

Hélène http://budu2007.free.fr