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La quantité et la qualité des publications libertaires ou proches de ce courant de pensée ne faiblissent pas : toujours beaucoup de choses intéressantes qui ne demandent qu'à être lues par le plus grand nombre !

Commençons par l'excellent nouveau numéro de Réfractions (n° 19 hiver 2007-2008) qui est consacré aux « Politiques de la peur ». En ouverture de ce dossier, Jean-Pierre Gamier nous rappelle que « le gouvernement par la peur est une recette aussi vieille que la domination ». Principale ossature de toute la politique française, « notre » PEUR doit être maîtrisée voire contrôlée afin qu'elle nous soit supportable sans être source de danger pour « leur » paix sociale. Cependant elle doit être entretenue sans relâche car pour « tous ceux qui profitent de la domination et de l'injustice (...), faire naître, ou favoriser des peurs : peur de l'étranger, de ces -sans- qui sont de plus en plus nombreux dans nos rues à tendre la main (...) » est un ingrédient indispensable à leur politique de désocialisation et de déstructuration. Mais dans nos démocraties, « le recours à ce sentiment peu avouable » n'est guère reconnu ouvertement. « Nos moeurs libérales tolèrent mal les intimidations trop évidentes, le consentement est sollicité pour éviter ou cacher la coercition, les peurs latentes sont canalisées pour obtenir l'adhésion ». Vu l'état d'esprit ambiant, que de travail en perspective pour les derniers immunisés contre cette puissante phobie généralisée !
Un certain optimisme est de mise au Combat syndicaliste CNT- AIT (n°213 - novembre 2007) avec le petit dossier sur l'autogestion qu'ils nous proposent. Loin d'être un bilan, même partiel, ce dossier se veut plutôt une « mise en perspective d'une histoire déjà riche de succès et de renoncements ». Deux exemples nous sont présentés : le site minier de Tower Colliery (Pays de Galles), largement popularisé avec le documentaire de Jean-Michel Carre Les Charbons ardents ainsi que la coopérative basque espagnole, Mondragon, maintenant vieille de plus d'un demi siècle.
Beaucoup d'ambivalence dans ces expériences, des interrogations, des déceptions...
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mais aussi un plein d'espoirs qui fait que le renoncement n'est toujours pas à l'ordrc du jour !
Le petit bulletin de critique bibliographique, À contretemps, dans son numéro d'octobre 2007 (n° 28) nous livre la fin de son diptyque consacré à Rudolf Rocker (1873-1958), incontournable militant allemand (pas assez connu en France). Le premier volet Mémoires d'anarchie se voulait, pour l'essentiel, autobiographique. Ce deuxième volet Penser l'émancipation examine deux aspects importants de son parcours théorique et militant : « d'une part, sa participation à l'expérience anarcho-syndicaliste de la FAUD allemande au cours des années 1920 et 1930 et, d'autre part, {'évolution progressive de son anarchisme, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, vers un socialisme libertaire pragmatique et débarassé de toute dimension de classe ». Ce dernier aspect, toujours assez polémique, est présenté par Gaël Cheptou dans un très bon texte La liberté par en bas qui devrait être source de réflexion pour tous ceux qui s'interrogent inlassablement sur un futur possible d'une société plus juste, libertaire en un mot.

Avec son numéro 14 (printemps/été 2007), le journal des précaires en lutte !, L'empêcheur donne l'occasion à Christophe d'expliquer en détail le « peer to peer », P2P (autonomie et coopération en acte). Il reprend, en partie, ce que Michel Bauwens a exposé, à ce propos, à Limoges lors d'une conférence organisée par le Cercle A.Gramsci. L'expression anglaise « peer to peer » (littéralement « pair à pair ») est surtout employée par rapport au piratage de musique sur intemet.
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« En fait, - pair à pair - signifie surtout que nous sommes en présence d'une relation qui se veut égalitaire, sans hiérarchie. Les pratiques auxquelles elle renvoie s'appuient sur des principes de coopération, d'échanges et de gratuité. Le dénominateur commun de ces pratiques serait de la production de valeur d'usage.(...) Le P2P est l'ébauche d'une nouvelle forme d'organisation sociale ». À lire pour mieux comprendre la portée politique de cette pratique souvent assimilée à une simple magouille de bobos sur-informatisés.

Offensive reste toujours à la hauteur de sa réputation de trimestriel libertaire de très bonne qualité. Après son numéro de septembre 2007 (n° 15) dont le dossier était consacré à l'autonomie et la démocratie directe (commune, conseils, assemblées) - on ne peut plus d'actualité avec les prochaines municipales de 2008 -, voici qu'avec son dernier numéro (n° 16 - décembre 2007), il propose un dossier sur la prostitution, PUTAIN de sexisme !, sujet hautement polémique jusque dans les milieux libertaires : pour « la liberté de se prostituer » ou pour « l'abolition de la prostitution ». Que ne se souvient du « King Kong théorie » de Virginie despentes qui n'a toujours pas fini d'alimenter les controverses ? Notre Laurence n'a pas eu peur de se jeter dans les « eaux troubles » de ce débat (cf article dans ce numéro de Creuse-Citron) !
À lire dans le dernier hors-série du Monde Libertaire (n° 33 - du 27/12 au 16/01), deux textes des plus hispaniques : une nouvelle de Jean-Pierre Levaray Lorsque l'histoire se fait personnelle sur ces disparus des fosses communes franquistes et un article de Freddy Gomez Les guerres de Cipriano à propos de cet ouvrier maçon devenu « chef » de guerre pendant la révolution espagnole de 36.
Francis LAVEIX
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