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Né en 1921, Jean Boullet a tenté dès
sa prime jeunesse de fuir le milieu parental pour ne plus
cesser de vagabonder en vrai ou en imagination.
Lancé dans Saint-Germain-des-Prés à
la libération comme dessinateur et laudateur du
cinéma d'épouvante, il illustre Boris Vian et
quelques morts célèbres comme Edgar Poe ou
Verlaine. Il côtoie Edith Piaf, Michel Déon,
Gréco, Robert Hirsh, Jacques Chazot, Piéral,
Jean Cocteau, Jacques Charron, Guitry, Kenneth Anger,
Félix Labisse, Lise Dehame, Michel Laclos...
"Peintre de la beauté masculine", il voyage au
Maghreb. Curieux de sexologie, observateur érudit des
mythes populaires, féru des bizarreries en tout
genre, grand collectionneur, co-fondateur de revues de
cinéma, ami et exégète des
illusionnistes, auteur de plusieurs essais de
référence, animateur despotique de son
ciné-club privé et de la
"Société des Amis de Bram Stoker", marchand
d'illustrés anciens, tel fut Jean Boullet. Il se
voulait "imagier" mais son comportement outrancier
l'entraîna bien au-delà, dans une rock n' roll
attitude jouée en permanence sur son propre
théâtre de la cruauté. Discours
blasphématoire et anti-clérical, dérive
onirique où coexistent tritons magnifiques et
monstres répugnants, cris d'admiration excessifs,
tatouages et chirurgie du visage sont quelques
repères au milieu d'une quête
désespérée des émotions
enfantines. Tout de cuir vêtu avant la mode,
homosexuel extraverti, cyclothymique, victime de quelques
amitiés crapuleuses, il vécut un lent
rétrécissement au cours d'un itinéraire
foncièrement masochiste.
Instable, ayant gâché ses capacités
artistiques et dilapidé sa fortune, il part pour
l'Algérie persuadé d'une conversion à
l'Islam. On le retrouve pendu à un arbre en
décembre 1970. Laissant derrière lui les
adorateurs ou exploitants d'images anciennes, de robots ou
de copies de films, Jean Boullet s'est évadé
du pouvoir qui produit cette marchandise d'évasion en
payant le prix fort.
Les médias en parlent :
" Mais qui était Jean Boullet
(1921-1970) ? Pour la biographie Jean Boullet le
précurseur, Denis Chollet laisse parler pas mal de
témoins, chacun apporte une autre face du
phénomène. Dessinateur, enthousiaste de
monstres, culture gay, horreur, tatouages, film, ami de
Boris Vian et Kenneth Anger etc. "
Libération
" Ce "précurseur" au destin tragique
méritait bien qu'on lui consacrât un ouvrage.
C'est à présent chose faite avec ce livre fort
bien documenté, élaboré à partir
de nombreux témoignages par Denis Chollet, qui nous
invite à (re)découvrir un être
décidément hors normes, aussi déroutant
et "sulfureux" que ceux qu'il admirait à
l'écran.
[...] ...un copieux et fascinant volume... "
L'écran fantastique
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